‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 122 sur 178 · Richelieu, ibid · texte numérisé non relu

Richelieu, ibid

de chaque province, y ont établi de fortes lois et de bons surveillants, pour par un contrepoids de labeur, de subjection et d'années, détourner de l'étude partie des esprits moins capables de cet exercice, consommer en savoir et suffisance les plus beaux esprits, et en bannissant l'ignorance, bannir aussi les abus que les lettres mal dispensées causent souvent aux Etats. Votre Majesté est donc très humblement suppliée, rétablir vos Universités, spécialement celle de Paris, les bien réformer et y faire observer de bons règlements. »

Mais les divergences se firent jour dès que l'on eut à se prononcer sur le rétablissement de l'enseignement des Jésuites à Paris. Ceux-ci avaient compris toute l'importance que pouvait avoir une manifestation des Etats généraux en leur faveur, et tout le profit qu'ils en devaient recueillir. Us n'avaient donc rien négligé pour provoquer cette manifestation et la rendre favorable à leur Compagnie. Le P. Coton et Ubaldini étaient plus que jamais attentifs et vigilants. Ils informaient le général Aquaviva et le Saint-Siège des dispositions des esprits et des démarches à faire pour atteindre le but si ardemment désiré.

On s'était assuré, avec autant d'habileté que de prudence, l'appui de tous les grands, dont l'opinion était de quelque poids à la cour. « Voici le temps, écrivait Aquaviva à Villeroy, où le bien commun demande de tous ceux qui l'aiment qu'ils soutiennent la Compagnie, et qu'ils prennent des mesures pour que, dans les prochains Etats généraux, la calomnie ne prévale pas contre des hommes dont la vie, par la grâce de Dieu, est édifiante et dont les travaux apostoliques prouvent au prochain les avantages que tout le monde connaît K »

Le concours de du Perron n'était pas moins précieux, et le général des Jésuites avait insisté auprès de lui pour le prierde. les défendre, « leur cause étant unie à celle de Dieu et de son Église ». Le pape était intervenu lui-même auprès de l'éloquent cardinal et lui avait adressé des bulles où l'exhortation se mêlait non sans adresse aux remerciements ^

Malgré tout, les attaques hardies de Turgot avaient inspiré les plus vives inquiétudes à la Compagnie. Mais, en présence des

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