Recherches, liv. III, cliap. xxix
ORGANISATION DE L'UNIVERSITÉ il
des auditoires, les sermons des paroisses : tant on garda longtemps l'habitude du respect pour sa vieille autorité ' ! »
Nous verrons, dans le cours de ce travail, que les procès de l'Université de Paris contre les Jésuites furent plaides et jugés, pour la plupart, devant le parlement de Paris. Ce ne fut qu'en vertu des lettres patentes données par Charles VII à Chinon, le 27 mars lii6, que le Parlement fut investi du droit déjuger les causes de l'Université et de ses suppôts. Jusque-là, l'Université, comme corps, prétendait être jugée parle roi en personne. « Ceux de ladite Université, disent les lettres patentes ^, en grand contemnement et mépris de nous et de notre justice souveraine, disant que notre cour ne autres quelconques, fors nous en notre personne, ne pouvaient connaître des causes et affaires de ladite Université, et qu'ils n'étaient en rien sujets de notre cour de parlement pourquoi, nous, les choses dessusdites considérées, et que notredite cour de parlement est souveraine, à laquelle tous ceux de notredit royaume sont sujets, et aussi que pour les grandes et hautes affaires de notre royaume, en quoi sommes continuellement occupés, ne pouvant vaquer ne entendre en notre personne, et ouïr discuter et décider querelles, causes, négoces et questions de notredite fille l'Université de Paris, ne des suppôts d'icelle, et que de moult que celles de ladite Université notredite cour de parlement connaît, décide et détermine de jour en jour, et en laquelle est faite justice à chacun, sans
acception de personnes Avons ordonné et ordonnons que
vous connaissiez et déterminiez les causes, querelles et négoces de notredite fille V Université et des suppôts d'icelle, tout ainsi que ferions en notre propre personne, si présens étions. »
L'Université était-elle un corps laïc ou ecclésiastique? Pour résoudre cette question longtemps controversée, il faut distinguer entre les époques et surtout entre les diverses compagnies ^.
i. Histoire littéraire de la France an XIV° siècle. Discours sur l'état des lettres par Victor Leclerc, 2^ édition, t. I, p. 299.