‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 130 sur 178 · Annales des soi-disans Jésuites, t. II, p · texte numérisé non relu

Annales des soi-disans Jésuites, t. II, p

MO l'université de paris et les jésuites

collèges bien rentes, auxquels ils ont fait unir, pour ne dire accrocher, des meilleurs et plus riches bénéfices de ce royaume, joint et incorporé plusieurs terres et héritages, bâti autant de palais qu'ils ont de maisons. Après cela, il leur est bien facile de faire les promotions gratis, afin d'attirer le monde par cet hameçon, et sous ce masque se moquer de la pauvreté des Universités, qui n'ont pour la plupart autre revenu pour récompenser les labeurs des professeurs, ni autres gages que les émoluments qui proviennent de la peine qu'ils prennent d'enseigner, et faire lesdites promotions, si peu considérables que nul n'en a point encore formé plainte, ni le public n'en a été surchargé. — D'ailleurs les gratuités ont lieu dans les Universités peut-être plus

souvent que chez les demandeurs Quand ils refusent d'une

main, ils savent comme se récompenser de l'autre. S'ils gratifient quelque pauvre écolier et lui donnent moyen de vivre, ils ne le laissent oisif, ni ses semblables ; ils les emploient en corvées et menus services qui enfin paient la courtoisie au double, laquelle d'ailleurs ne diminue en rien leurs rentes. Mais ce qu'il faut remarquer, c'est (|ue sous ce prétexte ils introduisent dans l'Église et dans le monde, un tas de personnes qui ne savent autre chose que mendier en latin. »

M^ Froment s'efforçait enfin d'émouvoir le roi et son Conseil par un parallèle des plus frappants entre la faiblesse des Universités et la puissance de la Compagnie de Jésus. « Les Universités ne peuvent résister longuement, disait-il, attendu leur pauvreté, s'il ne plaît à Votre Majesté d'y apporter remède. Car ce sont corps séparés, faits à pièces rapportées, de toutes professions, de personnes privées, recluses et solitaires, qui n'ont aucune intelligence ni dessein que sur leurs livres, ayant comme renoncé à tout maniement et connaissance d'alTaires. Les défendeurs, au contraire, sont un corps uni, puissant et difTus par tous les coins de la France, voire de la terre. C'est un seul esprit qui agit en plusieurs têtes; ils ne subsistent que pour eux, et ne travaillent que pour s'agrandir, ne mesurant leur charité qu'à l'aune de leurs intérêts. Et par cette grande intelligence, au moyen des faveurs qu'ils reçoivent auprès des grands, ils flattent leur ambition, prennent leur temps, et viennent à bout des choses *. «

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