‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 132 sur 178 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Richelieu et ses alliances avec les États protestants. — Pamphlets politiques dirigés contre Richelieu par les Jésuites. — Le Parlement condamne le livre du P. Santarelli. — Il fait subir un interrogatoire aux Jésuites et se dispose à prendre contre eux des mesures violentes. — Richelieu contraint les Jésuites à désavouer le livre de Santarelli et impose silence aux rancunes de l'Université. — Il tient la balance égale entre les deux corporations rivales.

L'association des Universités de France avait obtenu un résultat inespéré : elle avait paralysé tous les efforts des Jésuites, refréné leur ambition, opposé une barrière à leurs empiétements. Ce revirement de la fortune déconcerta la Compagnie de Jésus et lui inspira d'amères réflexions. Elle dut s'avouer qu'un grand changement s'était accompli, que le temps n'était plus où elle était assurée de trouver au Louvre des appuis aveugles contre l'Université et le Parlement.

C'était cependant un prélat, un prince de l'Eglise qui occupait le pouvoir, celui-là même qui avait porté la parole au nom du clergé à l'issue des États généraux de 1614-1615. Mais à peine avait-il réussi à s'emparer de la direction des affaires de haute lutte, « par le droit du génie * », que le cardinal de Richelieu s'était détaché peu à peu des opinions romaines, objet de ses premières préférences, s'était dégagé des préjugés et des passions ordinaires de son ordre, pour se plier aux nécessités impérieuses de la politique et faire prévaloir les maximes d'État dans l'intérêt supérieur de la couronne de France. Les catholi-

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