Mémoires de Richelieu, p
les esprits et troublant le repos de ses sujets », Louis XIII fit défenses « aux recteurs, régents et suppôts de TUniversité, docteurs de la Faculté de théologie et à tous autres, tels qu'ils pussent être, de composer, traiter, disputer, déterminer ni résoudre aucune chose touchant l'affirmative ou négative des propositions concernant le pouvoir et autorité de la couronne de France et des princes, sans une expresse permission, sous peine d'être punis comme séditieux et perturbateurs du repos public. »
L'Université de Paris était engagée trop avant dans la querelle pour ne pas tenter une dernière démarche auprès du roi et essayer de l'intéresser à sa cause. Le recteur Mazure, accompagné des procureurs des Nations, des doyens des Facultés et d'un grand nombre de docteurs en théologie, se rendit au Louvre (5 janvier 1627), oii il fut reçu par le roi ayant à ses côtés le garde des sceaux, M. de Marillac, et MM. de Schomberg et Bullion. « Sire, dit-il, on veut casser et renverser la censure de Santarelli, et donner cours à cette damnable et pernicieuse doctrine qui a enfanté la ligue. Nous sommes ignominieusement notés et persécutés pour avoir soutenu que vous êtes souverain et ne pouvez être déposé. Sire, le mal est si grand et s'augmente si fort, qu'il n'y a que Votre Majesté seule qui puisse y remédier. » Il demanda en terminant à être renvoyé devant le Parlement, juge ordinaire de l'Université. Mais le roi lui répondit assez sèchement : « Je vous remercie de l'afTection et du soin que vous avez pour moi; mais je ne trouve pas bon que vous vous mêliez de ce qui touche la foi ; c'est à faire aux docteurs. Mon garde des sceaux vous dira le reste. » Marillac prit en effet la parole pour développer la pensée du roi. Il le fit en termes peu bienveillants pour l'Université, de manière à provoquer les interruptions du recteur. Celui-ci insistait pour être autorisé à donner de nouvelles explications, lorsque Louis XIII impatienté mit fin à l'entrevue en disant brusquement : « C'est assez K »
Tous les efforts de l'Université vinrent se briser contre l'impérieuse et souveraine volonté de Richelieu. L'inflexible cardinal avait résolu d'établir la paix religieuse dans les esprits trop longtemps troublés. Il sut se faire obéir et imposer silence à tous les partis, sans en accabler aucun. Il réussit ainsi à « fermer