‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 143 sur 178 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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3. Richelieu et la monarchie absolue, par le vicomte d'Avenel, t. II.

l'Église, c'est-à-dire les intérêts temporels aux spirituels. Absolus, l'un par système, les autres par devoir, ces rivaux pesaient en sens inverse sur l'esprit du roi : celui-ci au conseil, ceux-là au confessionnal; celui-ci lui parlant de sa puissance sur la terre, ceux-là de son salut dans l'éternité. »

Richelieu en usa de môme avec l'Université. Lorsqu'il jugea les esprits suffisamment pacifiés dans le monde des théologiens, il revint à des dispositions plus bienveillantes et fit rapporter, par un arrêt du Conseil privé du 8 juillet 1G31, les lettres patentes qui avaient fait défense à l'Universilé, cinq ans auparavant, (( de composer, traiter, disputer, déterminer ni résoudre aucune chose touchant l'affirmative ou la négative des propositions concernant le pouvoir et autorité souveraine delà couronne des rois de France ^ ».

Il sut tenir la balance égale entre les deux corporations rivales. D'un côté, il donnait un gage de sa munificence à l'Universilé en faisant reconstruire la maison de Sorbonne dont il était le grand maître; et, de l'autre, il témoignait sa faveur à la Com- [lagnie de Jésus en lui facilitant les moyens d'acquérir le collège de Marmouliers pour agrandir celui de Clermont et en l'aidant de ses deniers à construire l'église de Saint-Louis, pour l'usage de la maison professe de la rue Saint-Antoine.

Richelieu a consigné dans son Testament politique ^ des considérations qui méritent d'être citées à l'appui de cette politique de haute impartialité. « Les universités, dit-il, prétendent qu'on leur fait un tort extrême de ne leur laisser pas privativement à tous autres la faculté d'enseigner la jeunesse. Les Jésuites, d'autre part, ne seraient pas fâchés d'être les seuls employés à cette fonction. La raison qui doit décider de toutes sortes de différends ne permet pas de frustrer un ancien possesseur de ce qu'il possède avec titre. Et l'intérêt public ne peut souffrir qu'une compagnie, non seulement recommandable pour sa piété, mais célèbre pour sa doctrine, comme est celle des Jésuites, soit privée d'une fonction dont elle peut s'acquitter avec grande utilité pour le public. Si les universités enseignaient seules, il serait à craindre qu'elles revinssent, avec le temps, à l'ancien orgueil

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