‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 148 sur 178 · P. 98 et suiv · texte numérisé non relu

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tenue par deux ou trois docteurs, dès que deux ou trois Jésuites, sous prétexte de charité ou de force d'esprit, auront fait une petite ligue pour flatter la délicatesse des chrétiens, ce qui de tout temps était réputé une hérésie deviendra un problème indifférent Ceux qui ne sont pas entièrement ignorants dans la

manière d'agir de cette Société savent combien elle est flexible aux diverses occurrences, et qu'elle n'est pas plus constante que le temps et l'occasion dont elle veut faire sa règle. Si cet accommodement lui est plus familier en quelque rencontre, c'est principalement dans les matières de conscience; et elle n'appréhende

point de trahir la vérité pour favoriser la politique »

En même temps, et par une singulière inspiration, l'Université de Paris, qui confondait souvent le Saint-Siège et les Jésuites dans ses attaques passionnées, jugea à propos d'implorer la protection du pape. Son désir de chercher partout et à tout prix des auxiliaires lui fit fermer les yeux sur cette palinodie choquante, qui ne devait d'ailleurs lui être d'aucun profit ^

La Compagnie de Jésus dédaigna d'abord de répondre aux attaques de l'Université. Elle se reposait avec complaisance sur la faveur de la cour, qui semblait lui être plus que jamais assurée. Mais les écrits de Godefroy Hermant eurent un tel retentissement, qu'ils créèrent une vive agitation dans le monde des écoles et jusque dans les rangs du peuple. Au collège d'Harcourt, les élèves jouaient, en guise de distraction, la querelle de l'Université contre les Jésuites et la terminaient par une sentence en règle contre ces derniers. Le bruit public rendait les Pères responsables de la cherté du pain. On les accusait de pousser à la famine en expédiant de grandes quantités de blé en Espagne; ils ne pouvaient se montrer dans les rues de Paris sans provoquer aussitôt les attroupements et les injures d'une multitude égarée.

La Compagnie se décida alors à rompre un silence trop prolongé et à saisir l'opinion publique de sa défense. Vers le mois de juillet 1643, le P. Jacques de La Haye fit paraître la Réponse au livre intitulé Apologie pour V Université de Paris contre le discours d'un Jésuite. Il s'efforçait de préciser le débat et de le ramener à son point de départ, se retranchant derrière des argu-

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