‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 150 sur 178 · Baillet, loc. cit., p · texte numérisé non relu

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NOUVELLES LUTTES POUR LA COLLATION DES GRADES iî9o

verbaux dressés, et l'afTaire portée devant le tribunal de l'Université, qui résolut d'en saisir le Parlement.

Le recteur qui succéda à Saint-Amour, en 1614, François Dumonslier, ne fut pas moins ardent que lui à soutenir les intérêts et à épouser la querelle de sa corporation contre la Compagnie de Jésus. 11 adressa jusqu'à trois requêtes ' au Parlement pour dénoncer les dangereuses doctrines enseignées par les disciples de Loyola; et il les fit suivre d'Avertissements destinés à instruire le public et à le tenir en garde contre les périls que ces doctrines faisaient courir à la morale publique, à la sûreté de l'Etat, comme à la sécurité des particuliers.

Jamais peut-être les Jésuites n'avaient été attaqués avec tant de résolution et d'éloquence. « Le christianisme, disait le recteur dans le premier Averlh?.cment publié au nom de l'Université, le christianisme fait résoudre ceux qui lui obéissent et qui le pratiquent à surmonter le mal en le souffrant; le Jésuite instruit le monde, non seulement à repousser une offense médiocre par une plus grande, mais même à prévenir une parole, la plus légère de toutes les choses, et la punir, quoiqu'elle ne soit pas encore dite et proférée, encore même qu'elle dût être fondée en vérité et peut-être en obligation et devoir; et la punir, dis-je, par le plus cruel et le plus violent excès où la rage puisse porter les hommes, par un empoisonnement et un meurtre. Non seulement il ruine le christianisme, mais il renverse les lois, détruit les assemblées des hommes, les villes et les communautés; il méprise la puissance et la majesté, abat la souveraineté, ôte dos mains des rois l'épée que Dieu leur a baillée pour la conservation des gens de bien et la punition des méchants; sape les fondements de toute police et justice civile, et plonge tout le monde en une épouvantable confusion, quand il rend un chacun vengeur de sa querelle et exécuteur de ses passions, quand il met le glaive en main de chacun des particuliers intéressés, non pas seulement pour exercer leur vengeance, mais pour aller audevant des injures qui ne sont encore qu'en leur crainte et imagination; non seulement pour mettre leur vie en assurance, mais pour empêcher un discours, un rapport qui pourrait être à leur désavantage, et éviter une honte même méritée. »

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