‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 152 sur 178 · Les Provinciales, édition Garriier, t. I, p · texte numérisé non relu

Les Provinciales, édition Garriier, t. I, p

Le P. Le Moyne est à la fois épicurien et mondain. La plupart de ses poésies sont adressées à des courtisans ou à des femmes du monde. Un jour, le frère portier des Jésuites, raconte le Menagiana, alla prévenir le père Sirmond que des dames le demandaient : « Mon frère, répondit le P. Sirmond, songez-vous bien à ce que vous dites? Des femmes me demander! Sans doute vous vous méprenez : il faut nccessairemeat que ce soit le père Le Moyne que ces dames demandent. »

faire aussi bien que ceux qui se sont jetés sur nous. Les roses les plus douces ont bien des épines; et la colombe même, selon le mot de l'Ecriture, a quel([uefois des colères dangereuses. Mais cette façon d'écrire n'est ni de mon luimcur ni de l'esprit du corps où il a plu à Dieu me donner place '. »

Il en vient ensuite au point principal, c'est-à-dire à l'éloge des casuistes et de leurs doctrines. « Le reproche qu'on nous fait d'avoir affaibli la sévérité ancienne, d'avoir trop étendu les bornes du devoir, et ouvert aux mœurs et aux consciences un espace sans limites, est une vieille plainte renouvelée et l'accusation commune de tous les hérétiques contre l'Eglise... Il n'est pas besoin de sortir de chez nous, pour montrer que la sévérité a été le plus ordinaire masque des hérésies, et qu'elles sont quasi toutes venues en réformées. Celle qui a été si funeste à la France en prit à son avènement le nom et l'habit; elle se faisait représenter en ses premiers livres sons la figure d'une femme qui tenait l'Évangile d'une main, et de l'autre une croix et une bride; il n'y avait rien de plus composé que Thabit et la modestie de ses nouveaux ministres; ses fêtes même étaient austères et se faisaient avec chagrin et en silence : le luxe, le jeu, les danses et les chansons en étaient bannies; elle excommuniait jusques aux moindres jurements et aux paroles un peu licenlieuses et toutes les semaines il sortait de ses mains trois ou quatre libelles contre les corruptions et les libertinages de l'Église romaine, qu'elle appelait la Babylone, l'idolâtre, l'adultère, la prostituée... Il ne nous est point honteux d'avoir notre part des injures et d'être accusés de n'être pas assez sévères. Saint Paul condamne la sagesse excessive et intempérante; il y veut des bornes et de la sobriété; et selon sa morale tous les devoirs du chrétien doivent être raisonnables ^ »

L'Université voulut avoir le dernier mot; elle fit réimprimer tous les écrits déjà publiés en son nom; et, grâce à l'insistance du recteur Dumonstier, Godefroy Hermant reprit la plume, pour mettre au jour une nouvelle réplique sous ce titre : Réponse de V Université de Paris à l Apologie pour les Jésuites, pour servir au jugement des t7'ois requêtes présentées à la Cour^ etc.

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