‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 153 sur 178 · lIAd., p. 37 et · texte numérisé non relu

lIAd., p. 37 et

Le Parlement ne pouvait pas rester insensible aux plaintes de l'Université. Fidèle à ses traditions, il se préparait à condamner les doctrines professées par les Jésuites, lorsque le cardinal Mazarin, héritier du pouvoir et de la politique de Richelieu, résolut de mettre un terme à cette agitation des esprits qui était de nature à provoquer des désordres et à redoubler les difficultés du gouvernement, sous le règne d'un enfant de cinq ans. Déjà, en effet, la controverse tournait à la violence, et les excès les plus graves étaient à redouter : l'Université poursuivait le célèbre imprimeur Cramoisy, pour avoir mis sous presse l'ouvrage d'un Jésuite contre le livre de la Fréquente communion, du grand Arnauld, sans prévenir le recteur; de leur côté, les Jésuites, abusant de leur crédit, faisaient emprisonner l'imprimeur de la Faculté des arts, Jacquin, pour avoir imprimé les requêtes et les apologies de l'Université.

Mazarin ordonna au Parlement de s'abstenir de toute décision. Mais comme on ne pouvait éviter de donner satisfaction à l'opinion publique justement émue, l'affaire fut portée devant le Conseil du roi. Le provincial et les supérieurs des trois maisons que la Compagnie avait à Paris, furent cités à comparaître ; et le chancelier leur infligea, en présence de la reine mère, une sévère admonestation. Les Jésuites s'humilièrent une fois de plus, reconnurent les torts du P. Héreau, désavouèrent ses erreurs, et prirent l'engagement de se montrer à l'avenir moins téméraires. Sur quoi, le Conseil du roi, par un arrêt du 3 mai 16i4, blâma formellement les maximes dénoncées par l'Université, et condamna leur auteur à tenir arrêt jusqu'à nouvel ordre au collège de Clermont.

Quant au refus des grades académiques, qui avait été la première occasion de cette dispute, il n'en fut plus question. Les Jésuites gardèrent à ce sujet un profond silence. Ils se repentaient maintenant d'avoir osé provoquer cette lutte, qui se terminait à leur désavantage et dans laquelle ils n'avaient gagné que des injures et des humiliations. Les écrits vigoureux de l'Université, qui les faisaient connaître sous un jour si défavorable, avaient été répandus dans toute la France. Enfin le Conseil du roi, dont la faveur semblait leur être acquise, loin de les soutenir, les avait blâmés et presque flétris, en condamnant leurs doctrines.

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