‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 156 sur 178 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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luttes ardentes d'autrefois étaient à la veille de renaître. Mais cette querelle n'offrait qu'un médiocre intérêt; elle tomba d'ellemême, sans laisser la moindre trace.

Une levée de boucliers plus sérieuse se produisit pendant la minorité de Louis XV, sous la régence du duc d'Orléans. Obligée de battre en retraite à Paris, la Compagnie de Jésus concentra tous ses efforts contre les Universités de province. Mais elle fut repoussée à Caen; et elle n'emporta à Dijon qu'un demi-succès. La nouvelle Université établie dans cette dernière ville et placée sous sa direction ne fut autorisée à enseigner que le droit civil. A Pau seulement, un triomphe inattendu lui était réservé : aux termes d'une déclaration royale, le collège des Jésuites fut incorporé à la Faculté des arts et devint le chef-lieu de l'Université du Béarn ; en même temps les fonctions de recteur et de vicechancelier furent déléguées au supérieur de ce collège. Dès lors, les Jésuites devinrent les maîtres incontestés de l'Université de Pau '.

Sur tous les points du territoire, à Caen, à Dijon et à Pau, l'Université de Paris intervint, pour résister aux entreprises de ses infatigables adversaires. Elle suscita, comme en 1624, une ligue à laquelle adhérèrent la plupart des Universités de France. Son recteur, M" Gibert, fut même admis à développer devant le Conseil des dépêches, en présence du cardinal Dubois, ses motifs d'opposition contre la fondation des nouvelles Universités de Pau et de Dijon. L'échec partiel qu'elle éprouva n'était pas de nature à compromettre sa prospérité.

La lutte fut encore plus vive à Reims, vers la même époque (1722). Les Jésuites prétendaient que le collège qu'ils avaient dans cette ville avait été agrégea l'Université; mais l'Université de Reims contestait la validité de cette agrégation, et écartait des examens les candidats qui avaient étudié chez les Jésuites. La Compagnie adressa une requête au roi, et, grâce à son crédit, fit évoquer l'affaire au Conseil.

L'Université de Reims, craignant de succomber si elle était réduite à ses seules forces, appela à son aide l'Université mère, titre que les Universités de province donnaient volontiers à celle de Paris. Dagoumer venait de succéder comme recteur à Baltha-

i. Jourdain, loc. cit., p. 321, 337 et suiv.

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