‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 22 sur 178 · L UNIVERSITÉ ET LA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

L UNIVERSITÉ ET LA RENAISSANCE

\ avait encore des barbares, ou plutôt des fanaliques, et, dix ans .iprès, brutalement arraché à son rêve, il allait expier sur un hùclier de la place Maubcrt le crime d'avoir cru lro[) tiM à la délivrance de l'esprit humain, au règne de la liberté!

Quoi qu'il en soit, un fait reste bien acquis : c'est que la réforme des études avait pénétré dès lors dans tous les collèges. Peut-être était-il encore permis de regretter chez quelques-uns une certaine lenteur à suivre les progrès accomplis. Mais, pour que tout le monde marchât d'un pas égal dans la voie des innovations et du perfectionnement, il n"v avait plus qu'à mettre d'accord le fait et le droit, à sanctionner par une loi de réforme générale les changements introduits peu îl peu dans le système d'enseignement. On le comprit, et, le 7 janvier 1557, Henri II nomma une commission dont faisaient partie Hennuyer, son confesseur, P. Danès, l'abbé Duval, grand-maitre du collège de Navarre, Jean Quentin, Chapelain, de Flesselles, G. Galland, principal du collège de Boncour, P. de la Ramée, principal du collège de Prestes. Cette commission était chargée de procéder à une enquête et de proposer les réformes les plus utiles et les plus urgentes à opérer dans l'Université de Paris '.

La mort du roi empêcha la réforme d'aboutir, et il n'en fut plus question sous le règne de François II. L'idée en fut reprise par Charles IX et Catherine de Médicis, à la suite du vœu émis par les États généraux d'Orléans de 1561. C'est ce que nous apprend Ramus, dès le début de ses Advertissements sur la réformation de V Université de Paris au roij ^ « Sire, dit-il, à l'instance et requeste des trois estais de vostre royaume, par l'advis de vostre conseil privé, il vous a pieu ordonner que l'Université de vostre ville de Paris feust réformée au naif patron d'une forme et manière légitime. »

Cet écrit de Ramus est précieux, parce qu'il nous éclaire sur les méthodes en honneur dans l'Université au milieu du xvi'' siècle. Tandis qu'il s'élève avec vigueur contre l'enseignement de la théologie, du droit et de la médecine, dont il étale au grand jour tous les défauts et tous les abus, il n'a que des éloges pour l'enseignement de la grammaire et de la rhétorique, c'est-à-dire pour

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