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l'avis d'un conseil foroié de membres de la communauté. A l'égard des pensionnaires, il exerçait à peu près tous les droits de Tautorité paternelle, mais, en fait, son pouvoir était limité par rinlluence des professeurs ou régents, qui étaient seulement logés et nourris par lui et qui recevaient directement de chacun de leurs élèves, sans passer par aucun intermédiaire, une rétribution en argent. Venaient ensuite les caméristes, jeunes gens riches, qui travaillaient au nombre de cinq ou six et quelquefois plus, sous la direction d'un pédagogue ou précepteur particulier, et constituaient ainsi dans le collège une sorte de pensionnat quasi indépendant. Quant aux martinets ou externes libres, « ils n'avaient affaire au principal, dit M. Quicherat, qu'au moment de passer l'examen de bachelier ou de se présenter à la maîtrise; ils allaient alors prendre de lui, moyennant finances, un certificat d'études, qui leur était délivré sur l'attestation du professeur. Si donc des martinets renonçaient à se présenter aux grades, ils pouvaient, à moins de causer des troubles graves, fréquenter un collège et même plusieurs à la fois, sans que le principal sût seulement qu'ils existaient. C'était le cas des galoches ou externes amateurs, étudiants surannés, pour qui suivre les classes était devenu une profession. Leur nom leur venait de ce que l'hiver ils portaient des patins ou galoches pour se conserver les pieds secs à travers les boues du quartier latin :
Turha f/alochifenun ferratis passions ibat. »
En présence de cette organisation incohérente et embarrassée, les Jésuites, suivant la judicieuse remarque de M. Thurot «, auront au moins l'avantage d'avoir table rase, et de pouvoir s'accommoder immédiatement à la nouvelle situation que la renaissance des lettres faisait à l'enseignement.
La discipline ne pouvait être assurée et maintenue que d'une manière bien imparfaite, dans les collèges de l'Université, au milieu de ces diverses catégories d'écoliers. Le principal voyait son autorité méconnue dans des conflits et des désordres trop fréquents. Des traitements cruels étaient infligés aux nouveaux ou béjaunes, aspersions d'eau et d'ordures, insultes et extorsions