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l'université et la renaissance 31
d'argent ; des excès de tout genre accompagnaient les farces jouées dans la grande salle ou dans la cour du collège ; il se formait des cabales ot des coalitions; il se produisait enfin des escapades et des révoltes, auxquelles les inaitres prenaient souvent la plus grande part.
Pour corriger cet esprit d'indiscipline et obtenir des écoliers l'assiduité nécessaire, on usait et on al)usait des châtiments corporels. Les peccadilles ordinaires, les fautes d'inattention et de paresse étaient punies par le régent lui-même armé de la férule classique. Des fautes plus graves exposaient les délinquants à subir la correction du fouet. Et il ne faut pas croire que les cas punissables du fouet fussent rares d'après le code universitaire : si l'on avait oublié de parler latin, môme au milieu des jeux, si l'on avait menti, juré, injurié ou frappé, si l'on avait fait une grimace à un maître ou répliqué aune observation, on était livré aux verges d'un barbare Orbilius.
Les humanistes du xvi" siècle, Erasme, Montaigne et Rabelais, ont protesté contre ce régime de rudesses et de brutalités, contre ces « geaules de jeunesse captive » et ces cris « d'enfants suppliciez et de maistres, enyvrez en leur cholère ». On sait en quels termes indignés Rabelais a exprimé son aversion pour les traitements cruels en honneur à Montaigu plus que partout .ailleurs. « Seigneur, dit Ponocrates à Grand-Gousier, ne pensez pas que je l'aye mis au collège de pouillerye qu'on nomme Montaigu; mieux l'eusse voulu mettre entre les guenaulx de Saint-Innocent pour l'énorme cruaulté et villenie que j'y ai cognue; car trop mieulx sont traitez les forcez entre les Maures et Tartares, les meurtriers en la prison criminelle, voire certes les chiens en vostre maison, que ne sont ces malautrus au dit collège '. »
De tels excès de sévérité dépassaient le but; loin d'adoucir les mœurs des écoliers, ils contribuaient au maintien de la barbarie. C'est de ce cùté-là surtout que les Jésuites trouveront à exercer leur esprit de discipline et de gouvernement, et il leur sera aisé de se montrer supérieurs à l'Université.
Malgré tout, l'Université de Paris était prospère et llorissante. Une réforme générale émanée de l'autorité royale n'aurait pas