‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 3 sur 178 · AYANT-PROPOS IX · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS IX

historique. Le mal vient de ce que ron se préoccupe trop souvent de rechercher dans le passé des arguments en faveur de certaines opinions, pour fournir un nouvel aliment aux polémiques de notre temps.

Serons-nous plus heureux, et parviendrons-nous à éviter des dangers, auxquels tant d'autres n'ont pu se soustraire? Au risque de nous flatter, nous croyons pouvoir l'espérer, si l'on ne nous demande que de faire preuve d'une scru puleuse exactitude dans les faits rapportés et d'une inaltérable bonne foi dans nos appréciations.

Sans doute l'esprit et les tendances de la Compagnie de Jésus sont loin de nous agréer, pourquoi le dissimuler? Mais il n'est pas nécessaire, ce nous semble, pour arriver à l'impartialité, d'abdiquer entièrement ses préférences, de se dépouiller de toute sympathie, de rester indifférent à l'issue de la lutte engagée. Le devoir commande et il suffit de préserver son cœur des passions déchaînées des deux côtés, sa raison des préjugés mis en vogue par l'aveuglement ou Tesprit de parti.

M. de Rémusat a exprimé, avec autant de vérité que de finesse , les sentiments dont nous voulons nous inspirer dans le cours de notre travail. « Il est toujours possible, dit-il \ d'apprécier un adversaire, même au moment qu'on l'attaque, de distinguer ce qu'il peut y avoir de vérité dans ses erreurs, d'habileté dans sa conduite, de dévouement dans ses actions. Le propre d'une raison faible et basse est de méconnaître tout ce qui ne la flatte point. Il y a un noble plaisir à juger avec sincérité ce qui gêne et ce qui déplaît. »

Page 1