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dans le monde sans aucun signe distinclif, comme des recrues auxiliaires. On cite jusqu'à des princes qui se sont fait inscrire sur leurs listes , les empereurs Ferdinand II et Ferdinand III, le roi de Pologne Sigismond, etc. La Société les fait participer à ses prieras, à ses grâces, à ses privilèges célestes; elle leur promet qu'ils iront au ciel tout droit, qu'ils seront reçus par Jésus, après leur mort, et placés à sa droite, comme tous les autres membres de l'Ordre '.

Lorsqu'il s'agit de mener cette armée au combat et d'organiser la victoire, Ignace, qui connaît la force de la discipline, impose à ses troupes l'obéissance passive la plus aveugle. Il fait de cette obéissance le principal et comme l'unique fondement de la Compagnie. Il cherche et il rencontre les expressions les plus fortes pour exprimer son sentiment à ce sujet. Il veut que le Jésuite soit entre les mains de son supérieur comme une cire molle qui prend la forme et l'empreinte qu'on veut lui donner, comme un bâton qui sert partout et à toute fin au vieillard qui le tient à la main, comme un cadavre qui n'a de lui-même aucun mouvement et qui se laisse tourner et manier en tous sens. Il fait connaître sa pensée tout entière, avec autant de clarté que d'énergie, dans une lettre adressée le 26 mars 1553 aux Jésuites du Portugal. « Laissons volontiers, dit-il, les autres ordres religieux nous surpasser par les jeûnes, les veilles, par la sévérité du régime et de l'habit qu'ils s'imposent pieusement, chacun suivant leur règle et leur discipline particulières : c'est par- la vraie et parfaite obéissance, par l'abdication de leur volonté et de leur propre jugement que je désire surtout, mes chers frères, que se fassent remarquer tous ceux qui dans cette Société se consacrent au service de Dieu, et les vrais et sincères enfants de cette Société se reconnaîtront à cette marque qu'ils ne regarderont jamais la personne à qui ils obéissent, mais verront en elle Noire-Seigneur Jésus-Christ en vue duquel ils obéissent. Si le supérieur manque de prudence et de sagesse, il ne faut pas pour cela se relâcher en rien de l'obéissance qui lui est due en tant que supérieur, puisqu'il représente Dieu et qu'il est investi de l'autorité divine *. »

1. Les Jésuites, par J. Hubert, traductiou Marchand, édition lu- 12. t. I, p. 100.

2. Institutum Societatis Jesu, édition de Prague, t. Il, p. 161.

Une telle obéissance détruit la volonté, anéantit It'Jugoniont individuel, s'empare de l'homme tout entier; elle asservit l'inlelligence aussi bien que le cœur; elle va bien au delà de la discipline militaire, qui n'exige du soldat qu'une obéissance matérielle et des actes extérieurs. Il est vrai que tous les ordres monastiques ont recommandé l'obéissance passive, avant les Jésuites : suivant saint Basile, les religieux doivent être entre les mains du supérieur comme la cognée entre les mains du bûcheron. Mais l'obéissance, si aveugle qu'elle soit, n'oiïre aucun danger pour la société lorsqu'elle est appliquée à des solitaires ou à des moines vivant dans leurs monastères, uniquement occupés de leur salut. 11 importe peu en effet qu'un cénobite, au fond de la Haute-Égj-pte, passe toute une année à arroser par obéissance un bâton de bois mort, comme le rapporte Cassien. 11 n'en saurait être de même des Jésuites, qui répudient les exercices intérieurs et tournent toute leur activité vers les affaires du monde. On ne voit que trop ici les funestes conséquences qui peuvent découler de la pratique d'une obéissance aveugle.

Un général inamovible et absolu, rompu de longue date au maniement des hommes et des affaires, exerce sur la Société un pouvoir sans limites et presque sans contrôle, une dictature continuelle : il nomme les provinciaux, les recteurs des collèges, les supérieurs des maisons professes; il admet dans l'ordre et il en chasse n'importe qui, sans avoir de compte à rendre à personne. Il ne peut changer de sa propre autorité les constitutions dans leurs dispositions essentielles, mais il a le droit de faire des ordonnances obligatoires pour tous jusqu'à leur révocation expresse : grâce à d'habiles restrictions et à des exceptions savamment calculées, il arrive à dissoudre, à réduire à néant les règles les plus inflexibles en apparence; il lui suffit d'invoquer l'intérêt de la Société et cette formule commode de la plus grande gloire de Dieu, ad majore m Del rjloriam.

Le général a la suprême administration de la fortune de l'ordre; son pouvoir est aussi étendu sur les biens que sur les personnes, ce qui double ses moyens d'action et d'influence. A peine est-il besoin de dire que le vœu de pauvreté ne saurait faire obstacle à ce que la Compagnie de Jésus recherche l'ascendant et la puissance que procure la richesse : elle sait concilier l'opulence avec l'esprit de l'Évangile; elle est tout à la fois un

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ordre mendiant et le plus riche de tous les ordres religieux. Elle se compose en effet de deux sortes d'établissements de nature différente, de maisons professes qui ne peuvent rien posséder en propre et de collèges qui peuvent posséder, acquérir, hériter, recevoir. Il semble que les maisons professes doivent être la règle et les collèges l'exception; mais considérez la pratique et la réalité des choses : à la fin du xvi" siècle, la Compagnie possédait 21 maisons professes et 293 collèges, c'est-à-dire 21 établissements pauvres contre 203 établissements riches.

Le législateur des Jésuites a déployé un rare génie, pour formuler ce code extraordinaire, où se mêlent, se croisent et s'entrecroisent avec un art infini l'énergie persévérante, le mysticisme exalté, Ihabiletô, la souplesse et l'esprit politique le plus consommé. On a représenté quelquefois Lainez comme le véritable auteur des constitutions. Il est vrai qu'il leur a fait subir une revision complète et qu'il en a publié la première édition en 1538, après la mort de Loyola. Mais tout en leur donnant une teinte moins religieuse et une tendance politique encore plus accentuée, il n'a fait que développer l'esprit et les pensées générales déjà exprimées par Ignace lui-même. C'est une supposition tout à fait gratuite de penser que le fondateur de la Compagnie était incapable du calcul astucieux, de la psychologie déliée, que l'on remarque à chaque page des constitutions. Nous savons qu'il avait le privilège de réunir l'extase et la politique, l'habitude des visions et le génie des afTaires. Ses mystiques ravissements ne parvenaient pas à lui cacher ou à lui voiler la connaissance des choses de ce monde : il parlait de commerce avec les marchands, de guerre avec les soldats, de politique avec les hommes d'État. Il a laissé des sentences ascétiques qui nous révèlent sa dextérité dans la poursuite d'un but sacré \ « Une prudence exquise, disait-il, jointe à une sainteté médiocre, vaut mieux qu'une plus grande sainteté avec moins de prudence. » Ou bien encore : «Un bon pasteur des âmes doit d'abord laisser passer bien des choses en silence, comme s'il ne s'en apercevait pas. Une fois maître de la volonté, il pourra diriger le disciple de la vertu partout où il le voudra. Il ne faut pas parler à lun'de-pourpoint du salut de

1. Srnlentix ascellcx Irjnatii de Loyola pro quolidiana consideratione. .Miûdellieim, 1716.

leur âme aux gens noyés clans les intérêts du siècle : ce serait jeter l'hameçon sans amorce, sans appât. »

On comprend, après cela, que les adversaires les plus déterminés des Jésuites aient été fraiipés d'une réelle admiration pour le profond génie d'Ignace de Loyola, malgré son manque de franchise et de droiture, son esprit de ruse, son énergie sauvage et son peu de scrupules. « Placé aux confins de deux époques, dit Quinct, ne vous étonnez pas si cet homme a été si puissant, s'il l'est encore, s'il marque ses conquêtes d'un sceau indestructible. Il exerce tout à la fois la puissance qui naissait de l'extase au xn" siècle et l'autorité qui s'appuie sur la pratique consommée du monde moderne : il y a en lui du saint François d'Assise et du Machiavel. De quelque manière qu'on l'envisage, il est de ceux qui investissent les esprits par les extrémités les plus opposées. »

Dans la mêlée générale du xvi'= siècle, au milieu du conflit des idées politiques et religieuses, la Compagnie de Jésus entre en ligne comme une force de résistance, ou, pour mieux dire, de réaction. Tandis qu'à la suite de la Réforme et des doctrines du libre examen, la révolution agite le monde et menace de renverser l'ordre établi, sous l'empire duquel l'Europe a vécu pendant des siècles, les Jésuites apparaissent comme les représentants du passé : ils se donnent pour mission de défendre tout ce que l'on attaque, de raffermir les principes que l'on conteste, de consolider l'autorité que l'on veut jeter à bas. Une pareille tentative peut être hasardée et même chimérique, mais elle n'est dépourvue ni de hardiesse ni de grandeur. Elle suffit, dans tous les cas, à justifier cette appréciation émise par M. de Bonald, qui n'était nullement hostile à la Compagnie : « L'Europe avait autrefois assez de milices religieuses. Ce qui lui manquait et ce que les Jésuites lui ont donné, c'est une milice religieuse et politique à la fois. »

Les papes firent appel les premiers au dévouement de la nouvelle milice, et ils éprouvèrent, au grand avantage de l'Eglise, ce que peut produire l'esprit de la politique appliqué à la défense d'une doctrine religieuse. Les Jésuites jouèrent un rôle important au concile de Trente, où il s'agissait de soutenir l'ancien édifice catholique et romain non seulement contre les assauts du protes-

DOUARCHE. 4

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tantisme, mais aussi contre les tendances réformatrices alors très répandues, même parmi certains prélats savants et vertueux. Laynez, Salmeron et Le Jay furent chargés, en qualité de théologiens du Saint-Siège, de défendre la cause de la papauté; ils s'acquittèrent de leur tâche avec grand honneur et conlrihuèrent au succès pour une large part : car les doctrines et les institutions de l'Eglise catholique sortirent plus fortes de cette longue et solennelle revision (lo4o-lo63). Lainez surtout, grâce à son ardente éloquence, remporta de véritables triomphes.

Le concile de Trente voulut reconnaître les services éminenls rendus à la cause catholique : il approuva la Compagnie de Jésus (section 19, canon 16) et recommanda les Jésuites à tous les princes de l'Europe, comme prédicateurs et éducateurs de la jeunesse.

Ignace d'ailleurs ne s'oubliait pas lui-même et ne négligeait aucune démarche pour assurer partout l'établissement de son ordre. « Il savait s'attacher, dit Orlandini \ non seulement le pape et les cardinaux, mais aussi les ambassadeurs des rois et des princes, et tous ceux, parmi les personnages de Rome, dont la posilion méritait le respect et dont l'autorité exigeait qu'on s'inclinât devant eux. Il les visitait souvent lui-même ou les faisait visiter par ses compagnons et cherchait à les engager dans ses intérêts. Par suite de ces démarches obséquieuses, les princes se montraient accessibles, affables et pleins de bienveillance pour lui. »

Dés lors, les Jésuites font des progrès rapides et surprenants ; ils volent de succès en succès, de triomphe en triomphe. Ils sont soutenus et poussés par l'esprit de réaction catholique, qui commence à souffler sur l'Europe avec violence. Macaulay a tracé de leurs brillants débuts un tableau saisissant ^. « Les annales de l'Europe, dit-il, redisent à chaque page avec quelle véhémence, avec quelle habileté, avec quelle exacte discipline, avec quel indomptable courage, avec quel renoncement, avec quel oubli des liens privés les plus chers, avec quel dévouement absolu et obstiné à un seul but, avec quelle indilférence et quelle souplesse,

1. Historié Societalis Jesu pars prima, sive Iijnatius, Antuerpiae, 16'>0 1. VII, p. 147.

2. Essais politiques et philosophiques, traduction de M. Guillaume Guizot, p. 258.

LA COMPAGNIE DE JÉSUS ol

sans scrupule dans le choix des moyens, les Jésuites déf'cndiicnl la cause de leur Eglise. La quintessence de l'esprit ealliolirjue vint se concentrer dans l'ordre de Jésus; et l'histoire de l'ordre de Jésus est l'histoire de la grande réaction catholiijue. Cet ordre s'appropria dès le début toutes les places fortes qui dominent l'esprit public, la chaire, la presse, le confessionnal, les académies. Partout où un Jésuite prêchait, l'église était trop petite pour l'auditoire. Le nom d'un Jésuite sur le titre d'un livre lui assurait le succès. C'était aux Jésuites que les seigneurs, que les gens puissants, que les nobles dames venaient révéler la secrète histoire de leur vie. C'était aux pieds des Jésuites qu'on plaçait, depuis l'enfance jusqu'à la virilité, les jeunes gens des classes moyennes et des classes élevées, afin qu'ils leur enseignassent les premiers rudiments de la grammaire, aussi bien que la rhétorique et la philosophie. La littérature et la science, qui ne s'associaient peu d'années auparavant qu'à l'infidélité ou à l'hérésie, devinrent les alliées de l'orthodoxie. »

De tous les moyens mis en œuvre par Ignace de Loyola pour parvenir à la conquête des âmes et ressaisir sur le monde moderne une domination très compromise par les prédications de Luther et de Calvin, le plus puissant, le plus efficace, sans contredit, fut l'éducation de la jeunesse. C'est pourquoi sur les dix livres dont se composent les constitutions, le quatrième est consacré tout entier à l'organisation des études et de l'enseignement.

L'entreprise est originale, en ce sens qu'elle constitue la première tentative qui ait été faite pour mettre l'instruction au service d'une propagande religieuse et pohtique. Les franciscains et les dominicains ont ouvert des écoles, au moyen âge, et lutté avec quelque succès contre l'Université de Paris, mais ils n'ont enseigné que la théologie, en vue de former les membres de leur ordre dans l'intérieur du cloître. Pour la première fois, les Jésuites vont s'emparer des jeunes générations, agir sur les esprits et sur les âmes, donner à des intelligences encore tendres et neuves une direction, une empreinte conforme à leurs propres sentiments.

Ignace et ses compagnons, pendant le cours de leurs études dans l'Université de Paris, ont vu avec douleur l'enseignement livré aux humanistes, dont les uns vouaient un véritable culte à Cicéron, dont les autres ne juraient que par Piaule, Pindare,

Tibulle ou Anacréon. Ils ont compris que le goùl elTréné du paganisme conlribuail à former des esprits libertins, qui glissaient ensuite facilement dans l'hérésie. Avec une habileté profonde et un tact des plus sûrs, ils ne cherchent pas à remonter l'irrésistible courant de la Renaissance ; ils ne tombent pas dans les excès de certains réformateurs fanatiques de notre siècle et ne songent pas un seul instant à proscrire des collèges l'étude des auteurs anciens. Ils feignent, au contraire, de suivre, de favoriser même le penchant du siècle, mais avec le dessein bien arrêté d'insinuer l'esprit chrétien dans la littérature païenne. Il faut que la poésie, la rhétorique, les lettres grecques et latines, toutes les connaissances humaines tournent au profit et à la glorification de la religion, ad majorem Dei gloriam.

Est-ce à dire qu'ils vont appliquer de nouvelles méthodes d'enseignement? Ce serait bien mal les connaître. Ils aiment mieux s'accommoder des méthodes établies et les faire servir à la réforme catholique, devenue le but unique de leurs efforts. On s'y est trompé quelquefois ; et cela est d'autant plus surprenant qu'Ignace lui-même, en résumant, dans une de ses lettres, l'esprit des constitutions en matière d'instruction, déclare nettement qu'il suit les errements de son époque. « Pour les objets de l'enseignement, dit-il ^ dans les diverses classes ou écoles, d'après les aptitudes de chacun, on apprendra les langues anciennes, le latin, le grec, et même l'hébreu pour ceux qui en seront capables. On enseignera aussi la logique et la philosophie, s'il y a un nombre suffisant de jeunes gens formés aux études littéraires, et si l'on ne juge pas plus convenable de les envoyer ailleurs. La Compagnie fournira des professeurs pour enseigner toute la philosophie et la théologie, comme On fait à Paris. Les professeurs ne se borneront pas à faire leurs leçons, mais ils auront soin d'exercer leurs élèves dans des compositions, des disputes et des conférences, qui sont peut-être plus utiles que les expositions du maître. »

Nous trouvons dans une autre lettre d'Ignace la preuve qu'il nourrissait de grandes défiances contre les auteurs anciens et qu'il ne cédait qu'à regret à l'engouement général pour l'anti- «]uité classique. « Quand je considère, écrivait-il ^, que la jeu-

\. Genelli, loc. cit., t. II, chap. vu. 2. Ibid.

nesse reçoit et garde si facilement les premi«"'res impressions, bonnes ou mauvaises, et que les premières notions, les exemples bons et mauvais qu'on lui donne, sont d'une si grande importance pour tout le reste de la vie; ((uand je considère, d'autre part, que les livres, surtout les classiques, qu'on a coutume d'expliquer aux jeunes gens, Térence, par exemple, Virgile et d'autres, avec beaucoup de choses utiles pour l'enseignement et pour la vie, en renferment d'autres qui sont très n)auvaises et très dangereuses, et qu'on ne peut entendre sans préjudice; car le sens et la pensée du cœur humain, comme dit la sainte écriture, sont inclinés au mal dès la jeunesse, bien plus encore lors(|ue ces choses leur sont présentées dans les livres qu'ils lisent, oij ils étudient, et qu'ils ont habituellement entre leurs mains : quand je considérais cela, il me semblait, comme il me semble encore aujourd'hui, qu'il serait très bon que l'on retranchât des auteurs classiques tout ce qui peut scandaliser et nuire, et qu'on le remplaçât par des choses édifiantes; ou si l'on tient à ne rien ajouter, que l'on gardât simplement ce qui est bon, en laissant de côté ce qui est mal. Ce moyen s'est présenté à moi pendant ces dernières années comme une chose très utile pour la vie chrétienne et la bonne éducation de la jeunesse. »

Pour tout le reste, les constitutions ne se distinguent guère des règles suivies dans l'Université que par certaines prescriptions de détail. Ignace veut qu'on observe une discipline stricte et sévère, qu'un correcteur spécial, étranger à l'ordre et entretenu aux frais du collège, assiste aux leçons, pour tenir les écoliers dans la crainte et les châtier lorsqu'il en reçoit l'ordre du maître. Il recommande cependant de ne recourii' aux punitions corporelles que lorsque les autres sont reconnues inefficaces. Quant aux sujets incorrigibles, il prescrit de les renvoyer. Il se préoccupe surtout de développer la piété extérieure et les sentiments chrétiens des élèves. Ceux-ci doivent assister à la messe tous les jours, au sermon, quand il y en a, et à une exjiosition de la doctrine chrétienne, les dimanches et les jours de fête; ils doivent enfin se confesser au moins une fois tous les mois '.

Mais l'idée la plus heureuse et la plus originale des JT'suites,

1. Constitutiones Societatis Jesu, quarta pars, caput XVI. Romœ, in collegio ejusdem Societatis, anno Domini 1583.

celle qui a fait la fortune de leurs collèges, c'est assurément la gratuité complète des leçons. Ils connaissaient la tendance générale des hommes, et ils se promettaient de tirer de cette innovation un redoutable instrument de propagande contre les Universités. L'expérience ne tarda pas à justifier toutes leurs prévisions.

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