CHAPITRE IV
Tentatives des Jésuites pour s'établir à Paris : ils reçoivent les bienfaits de Guillaume Dupraf, évcque de Clermont, ets'appuiont sur le crédit du cardinal de Lorraine. — Les lettres patentes de llenri H eu leur faveur, ainsi (pie celles de François II et de Charles IX. soulèvent l'opposition du Parlement, du clergé de Paris et de la Faculté de théologie. — L'acte de Poissy reconnaît les Jésuites par forme de société et collège, mais non comme religieux. — Fondation du collège de Clermont. — Ses premiers succès. — L'Université lance l'interdit contre le nouvel établissement.
Lorsque les Jésuites firent leur première apparition, au milieu du xYi" siècle, l'Université de Paris était en pleine prospérité et avait le privilège d'attirer un grand nombre d'écoliers de toutes les nations de l'Europe. Le fondateur de la Compagnie de Jésus le savait, et c'est à Paris, le véritable centre et comme le foyer lumineux des connaissances humaines, qu'il résolut d'établir un collège destiné à servir de modèle à beaucoup d'autres, organisé et dirigé de manière à marquer les nouvelles générations d'une profonde empreinte catholique.
Le pape Jules III favorisa singulièrement les projets d'Ignace en accordant au général et à tous les supérieurs de la Société le droit de conférer, après examen, aux écoliers de leurs collèges, les grades de bachelier, de maître es arts, de licencié et de docteur (1552). C'était ériger les collèges des Jésuites en autant d'Universités rivales de toutes les autres. Pie IV confirma ces privilèges par la bulle E.iponi nobJs du 19 août loCO, déclarant déroger en leur faveur aux conciles généraux, à tous privilèges et statuts des Universités '.