‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 34 sur 178 · Emond, Histoire du collèrje de Louis-le-Grand, p · texte numérisé non relu

Emond, Histoire du collèrje de Louis-le-Grand, p

une maison et collège en la ville de Paris seulement, et non es autres villes, pour y vivre selon leurs règle et statuts ».

Ces lettres patentes furent présentées au Parlement; mais elles y rencontrèrent tout d'abord la plus vive résistance. Le procureur général Bruslart, le Caton de son siècle, comme l'appelle du Boulay S les avocats généraux de Marillac et Pierre Séguier donnèrent des conclusions par écrit, pour s'opposer h l'enregistrement et demander tout au moins que des remontrances fussent faites au roi.

Les Jésuites désappointés se retournèrent vers le cardinal de Lorraine et invoquèrent sa protection. Grâce à de pressantes sollicitations, ils obtinrent de Henri II de nouvelles lettres (10 janvier loo3) portant itérative jussion au Parlement d'enregistrer les premières, « nonobstant toutes les remontrances cl oppositions du procureur général ou autre ». Les gens du roi, par l'organe de l'avocat général Séguier, n'en persistèrent pas moins dans leurs précédentes conclusions. Quant au Parlement, il laissa traîner l'afï'aire en longueur, et, par arrêt du 3 août L554, il ordonna que « les lettres du roi et les bulles du pape seraient communiquées à l'évèque de Paris et à la Faculté de théologie, pour, les parties ouïes, être fait droit sur le tout ». La tactique du Parlement était adroite : tout en colorant une opposition persistante aux ordres du roi, elle mettait les Jésuites aux prises avec leurs rivaux naturels.

L'évèque de Paris, Eustache du Bellay, était un homme de grand mérite; les Jésuites lui parurent suspects, et il émit un avis absolument défavorable à leur établissement. Suivant lui, le titre de Compagnie de Jésus était arrogant et ne convenait qu'à l'Église universelle, dont Jésus-Christ est le chef. Les Jésuites faisant profession de ne vivre que d'aumônes, on ne devait pas les recevoir, sans consulter auparavant les ordres Mendiants et les hôpitaux, auxquels ces nouveaux venus pourraient foire tort.

Leurs privilèges étaient préjudiciables à l'autorité desévêques, des curés et des universités. Au reste, puisque leur destination spéciale était d'aller prêcher les Turcs et les infidèles, il convenait de les établir sur les frontières de la Turquie, comme les

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