‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 35 sur 178 · Histoire de l'Université, t. VI, p · texte numérisé non relu

Histoire de l'Université, t. VI, p

chevaliers de Rhodes, et non à Paris, qui est si éloigné de Conslantinople.

La Faculté de théologie ne fut pas moins hostile au nouvel ordre religieux. Son fameux décret du 1" décembre 1554 portait que « cette Société lui paraissait extrêmement dangereuse en ce qui concerne la foi, qu'elle était ennemie de la paix de l'Église, funeste à l'état monastique et semblait plutôt née pour la ruine que pour l'édification ' ».

Quel coup terrible pour le P. Pasquier Broet, alors provincial des Jésuites de France! Il y avait de quoi décourager et abattre les esprits les plus résolus. Les sentences de la Sorbonne avaient en effet une autorité incontestable; les savants docteurs qui les délibéraient étaient animés de sentiments catholiques au-dessus de toute attaque et de toute insinuation perfide.

Le décret de la Faculté de théologie fut comme le signal d'une explosion de haines contre la Compagnie. « On vit, dit un historien jésuite -, des moines, des ecclésiastiques, des instituteurs, des professeurs, des protestants, afficher sur les murs de tous les collèges, des places publiques, le factum de la Faculté et des placards plus scandaleux encore. » Les prédicateurs invectivaient les Jésuites du haut de leurs chaires: les curés attaquaient leur institut avec violence; les professeurs en faisaient le sujet de leurs discours. Pour comble de disgrâce, Euslache du Bellay s'autorisa de ces manifestations unanimes pour lancer contre eux l'interdit de toutes les fonctions ecclésiastiques.

Une tempête aussi violente n'ébranla pas la volonté d'Ignace de Loyola, inflexible dans son dessein d'établir les Jésuites à Paris. Mais tandis que ses compagnons de Rome et de Paris étaient d'avis de tenir tête à l'orage et de faire censurer par le pape la décision de la Sorbonne, il comprit qu'il valait mieux ne pas irriter les esprits et laisser aux passions soulevées le temps de se calmer. Yoici le prudent langage qu'il tint à ce propos : « Mes

1. Pour tous les documents relatifs à l'établissement des Jésuites en France, on peut consulter : Du Bouïay, Histoire de l'Université, t. YI; Crévier, Histoire de VUniversité, t. VI; Collection de d'Argentré, t. 11: le Mercure Jésuite; Annales de la Société des soi-disans Jésuites, t. I ; Histoire des

.religieux de la Compagnie de Jésus, t. II; Histoire générale de la naissance et des progrès de la Compagnie de Jésus; Crétineau-Joly, Histoire de la Coni' pagnie de Jésus, t. I.

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