Le P. Pral, Maldonat, p
lières, souvenez- vous de ce que le Christ dit à ses disciples, en ijuittant cette terre : Je vous laisse ma paix, je vous donne ma /jriix; prenez ces paroles pour vous en cette circonstance. Il ne faut rien écrire ni faire d'où il puisse résulter quchiue anierliune. Il vaut mieux quelquefois se taire que parler. On n'a point besoin de prendre la plume pour sa défense quand la vérité se défend elle-même. L'autorité des théologiens de Paris rsl grande assurément, et nous devons d'autant plus la respecter, sans nous laisser toutefois abattre par elle. La vérité n'est jamais vaincue pour longtemps; on peut la combattre, mais imn TéloufTer. Nous prendrons un autre moyen, s'il est néces- <;iire, ce que je ne crois pas, pour guérir cette blessure, qui n'est [las aussi dangereuse que vous le pensez '. »
Vers la fin de l'année looo, le cardinal de Lorraine étant allé eu ambassade à Rome, auprès du pape Paul IV, accompagné de ({uatre docteurs des plus renommés, Claude d'Espence, du collège de Navarre, Jérôme de Sauchière, de l'ordre de Citeaux, ('wespin de Brichanteau, bénédictin, et René Benoist, qui avait pris une grande part au décret de loo4, Ignace provoqua une conférence entre ces quatre docteurs et plusieurs membres de Tordre. Les justifications présentées par Lainez et Martin Olave persuadèrent le cardinal, mais elles ne modifièrent en rien les sentiments de la Sorbonne, qui persista dans sa résolution ^.
Le fondateur de la Compagnie de Jésus mourut (31 juillet looG) sans avoir eu la consolation de voir son ordre légalement reconnu en France. Mais son habile successeur, Lainez, devait bientôt réaliser ce projet si ardemment poursuivi, en déployant les mêmes qualités de ténacité et d'invincible patience, que rien ne pouvait déconcerter.
Les Jésuites regardèrent l'avènement de François II comme une bonne fortune pour eux (1559). Ils se sentirent renaître à l'espérance en voyant assis au premier rang, sur les degrés du trône, leurs puissants protecteurs de la maison de Lorraine, dont le jeune roi avait épousé la nièce, la reine Marie Stuart.
Le moment leur parut favorable pour lever sans bruit toutes