‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 41 sur 178 · Maldonat, par le P. Pral, pièces justificatives, n" V · texte numérisé non relu

Maldonat, par le P. Pral, pièces justificatives, n" V

Encouragés par ce premier avantage, les Jésuites tentèrent de se faire recevoir par l'Université et de se faire immatriculer dans son corps. A cet effet, ils lui présentèrent « une requête très bien faite, d'une bonne latinité, d'un style modeste et respectueux, demandant qu'elle consentît comme une mère pleine de bonté à les reconnaître pour ses enfants '>. lis renonçaient, disaient-ils, à tous les honneurs académiques, aux dignités et aux bénéfices, mais ils s'obligeaient à prêter au recteur et aux autres magistrats de l'Université l'obéissance « qui leur était due ». Ils s'engageaient à observer, « en choses licites et honnêtes », les statuts de l'Université; ils promettaient enfin de s'acquitter envers le corps universitaire des devoirs et de la soumission " qui seraient compatibles avec leur institut ' ».

L'Université vit bien que l'obéissance qu'on lui promettait était subordonnée à trop de restrictions, et que la réserve des règles de l'institut autorisait les Jésuites à secouer le joug de toutes les lois académiques qui ne seraient pas à leur convenance. Elle résolut donc de maintenir avec fermeté ses premières délibérations contre le collège de Clermont.

Le li février 1565, le recteur cita les Jésuites à comparaître aux Mathurins, pour déclarer préalablement s'ils étaient religieux de la Société de Jésus ou séculiers, et recevoir, en conséquence, la réponse à leur requête. Mais à la suite d'un interrogatoire, qui est resté comme un modèle dans l'art des réticences et des échappatoires, le chef de l'Université ne put obtenir des Pères que cette réponse : Nous sommes en France tels que le Parlement nous a nommés, c'est-à-dire la Société du collège que l'on appelle de Clermont, &umus taies quales nos nominavit Curla. « Interrogés derechef, dit Pasquier -, s'ils estoient ou réguliers ou séculiers, on ne put tirer aucune réponse d'eux, sinon qu'ils étaient taies quales. Tellement que par cette réponse souvent réitérée, ils ont appresté un commun proverbe qui court maintenant par la bouche des escholiers... »

La question telle qu'elle était posée par l'Université, dans des termes absolus, était insidieuse, il faut en convenir; elle était imaginée pour mettre les Jésuites dans l'embarras. Les Jésuites,

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