Recherches, liv. III, chap. xliv
en effet, étaient des clercs réguliers; ils avaient un caractère mixte : réguliers par les vœux qu'ils prononçaient et séculiers par leur manière de vivre dans le monde. C'est pourquoi Pasquier les qualifiait d'ordre hermaphrodite, bigarré de séculier el de régulier^. S'ils répondaient à l'Université qu'ils étaient séculiers, ils mentaient à leurs vœux comme à leurs bulles de fondation, et ils s'exposaient à perdre les legs de l'évêque de Clermont qui étaient adressés aux religieux de la Société de Jésus. S'ils s'avouaient réguliers, ils s'excluaient eux-mêmes de la Faculté des arts et de l'enseignement des lettres, tout en se mettant en contradiction avec l'acte de réception de Poissy. Leurs réponses évasives laissèrent dans une vague indécision le véritable caractère de la Société et prouvèrent une fois de plus l'habileté du P. Gogordan, qui parlait au nom de ses compagnons.
L'interrogatoire subi par les Jésuites n'était pas de nature à modifier les sentiments de l'Université : elle rejeta leur requête, et fit défense expresse à tout écolier d'aller entendre leurs leçons, sous peine d'encourir la privation des droits de scolarité. Les Jésuites firent appel de cette décision devant le Parlement, et prirent ainsi l'initiative du premier procès engagé entre eux et l'Université de Paris.
1. Mariana {Des défauts de la Société, chap. \i\) s'est exprimé ainsi à ce sujet : « La Compagnie de Jésus est un corps politique de prêtres réguliers faisant des vœux monastiques, et vivant séculièrement; ou, si l'on veut. un ordre régulier de prêtres séculiers faisant des vœux monastiques, Société telle que les Jésuites eux-mêmes n'en ont pu donner une notion exacte. »