‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 5 sur 178 · Recherches, liv. IX, chap. m · texte numérisé non relu

Recherches, liv. IX, chap. m

2. Pas(|uicr dit encore, au liv. IX, chap. v : « Nous devons, à mon avis, tous estimer que l'Université de Paris n'a été jetée en moule tout d'un coup. »

3. Thurot, De l'orrjanisalion de V enseignement dans l'Université de Paris au moyen (Uje, pages 3 à 18. — Die Universitiiten des Mittelalters, von P. Ileinrich Denifle, t. I, p. 131. Berlin, 1885, in-8».

ORGANISATION DE L'rNlVERSITK 3

précipileiit vers la Terre-Sainte; les coiinmines de France et d'Ilalie s'alïranchi.ssent el proclament leur indépendance; dans toutes les villes s'organisent de puissantes corporations de métiers. En même temps se produit à Bologne et en Italie la renaissance de l'étude du droit romain, tandis que se manifeste au nord de la France et à Paris le grand mouvement intellectuel qui doit aboutir à la philosophie scolaslique.

Jus(iue-là, rfiglise seule a été en possession des écoles; elle seule a distribué l'enseignement à la jeunesse, dans les monastères et dans les chapitres des églises cathédrales.

On sait de quel éclat ont brillé les écoles monastiques et quel asile assuré elles ont olïert aux lettres aussi bien qu'à la religion, dans ces temps misérables oîi l'ignorance et la barbarie semblaient dominer le reste du monde. Et cela se comprend aisément : les portes du cloître ne s'ouvraient pas seulement devant ceux qui venaient y chercher le repos, les loisirs de l'étude ou les rigueurs d'une pénitence austère. Le froc du moine exerçait encore un attrait irrésistible sur ceux qui, tout en renonçant au monde en apparence, n'en caressaient pas moins au fond de leur cœur les flatteuses espérances de l'ambition. L'Église gouvernait le monde et bien souvent la vie monastique n'était qu'une préparation à la vie politique. Aussi, pendant plusieurs siècles, la plupart des papes et un grand nombre d'évêques ont-ils trouvé dans les monastères la route des honneurs et de la fortune.

Les écoles instituées auprès des églises cathédrales n'ont jamais été aussi florissantes que celles des monastères. « La célébrité de ces écoles dépendait uniquement de la capacité du maître qui était chargé d'y enseigner. L'école gagnait et perdait avec un maître habile ses élèves et sa réputation '. »

L'église cathédrale de Paris possédait, elle aussi, une école qui était placée sous la surveillance du chancelier du chapitre. Mais, jusqu'au xii" siècle, rien ne faisait prévoir que cette école jetterait bientôt un tel éclat qu'elle éclipserait toutes les autres. Guillaume de Ghampeaux et Abélard furent les premiers qui, par leur controverses sans fin sur la question des unioen^au.r, dont le bruit retentit jusqu'au fond des provinces les plus recu-

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