‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 6 sur 178 · Tlmrot, loc. cit., p · texte numérisé non relu

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lées, attirèrent autour de leurs chaires un nombreux concours d'écoliers de toutes les nations.

Ce fut sur le versant septentrional des hauteurs de Sainte- Geneviève qu'Abélard posa sa tente pour soutenir la lutte contre Guillaume de Champeaux et l'école de Notre-Dame. Ses disciples le suivirent en foule; et sa parole, comme par une sorte d'enchantement, peupla les clos jusque-là déserts de la montagne. « Cette colline, dit M. de Rémusat ', destinée à devenir le Sinaï de l'enseignement universitaire, était alors l'asile où se réfugiait Tesprit d'indépendance, le poste où se retranchait l'esprit d'agression contre l'autorité enseignante. Des écoles privées, plutôt tolérées qu'autorisées par le chancelier de l'église de Paris, s'y ouvraient aux auditeurs innombrables que ne pouvaient contenir ou satisfaire les écoles de la cité. »

Peu à peu les maîtres des écoles établies sur la montagne Sainte-Geneviève s'unirent aux maîtres de l'école de Notre-Dame et formèrent l'Université de Paris, On a donc eu raison de dire que l'Université n'a été créée ni constituée par aucun pouvoir, que les rois et les papes ont été ses patrons et non ses fondateurs. Suivant l'heureuse formule de M. Thurot, elle est née du besoin que les hommes qui cultivent leur intelligence ont de se rapprocher -,

Abélard semble avoir communiqué aux écoliers du xn'^ siècle son ardeur pour l'étude de la dialectique, sa passion pour la dispute et l'enseignement. Ceux-ci avaient à peine étudié qu'ils montaient dans la chaire doctoi'ale, impatients de conquérir ce glorieux titre de maître qu'Abélard avait entouré de tant d'éclat. De là des excès de subtilité et une sophistique puérile qui devaient déshonorer la scolaslique. De là aussi des nouveautés philosophiques et Ihéologiques qui menaçaient la pureté de la foi. Pour conjurer ces périls, le chancelier de Notre-Dame voulut imposer son autorité aux maîtres des écoles de Paris, en obligeant tous ceux qui voulaient enseigner à lui en demander l'autorisation. N"était-il pas le délégué de l'évêque en matière d'enseignement? Et, à ce titre, n'avait-il pas le droit de soutenir qu'on ne pouvait

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