‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 53 sur 178 · Maldonat, par le P. Prat, Pièces justificatives, n · texte numérisé non relu

Maldonat, par le P. Prat, Pièces justificatives, n

LES JÉSUITES ET L'UNIVERSITÉ PENDANT LA LIGUE 9o

fut réduite à implorer la faveur du prince de Condé, chef des protestants, pour « faire chasser les Jésuites ». Mais l'entreprise passait le pouvoir du prince, comme l'observe Crévier, et l'Université gâtait son affaire en recourant à une protection si justement suspecte '.

Fallait-il donc avouer sa défaite et reconnaître que rien ne pouvait plus arrêter les progrès de rivaux détestés? L'Université, après un nouvel examen, crut avoir trouvé un moyen plus efficace que les autres : dans l'assemblée du 11 janvier 1307 -, elle arrêta qu'il serait fait défense à tous les écoliers de fréquenter le collège de Clermont, en ajoutant qu'elle ne recevrait ni à la licence, ni au degré de maître, ceux qui auraient suivi les leçons des professeurs jésuites. Ce décret fut promulgué, mais il resta lettre morte, et l'Université eut la douleur de constater que les élèves du collège de Clermont étaient toujours aussi nombreux qu'auparavant.

Peu à peu le bruit de ces querelles se serait perdu dans le tumulte des guerres de religion, si les Jésuites n'avaient eu d'autre ambition que de conserver la situation acquise par eux avec tant de dificulté. Avec leur esprit de persistance, ils n'avaient pas renoncé à forcer le consentement de l'Université , et ils voulaient profiter des circonstances difficiles que l'on traversait, pour obtenir leur admission définitive. Ils prirent leur temps, après le massacre de la Saint-Barthélémy, et renouvelèrent leurs instances. L'Université vit bien qu'il fallait user de prudence et de ménagements : elle décida « qu'elle ne devait ni les recevoir ni les rejeter, mais les tolérer, en les obligeant néanmoins d'observer les lois et les statuts, autant que le permettaient les temps orageux où l'on vivait ^ » (li septembre 137:2).

Les Jésuites ne se tinrent pas pour battus, et revinrent bientôt à la charge, comptant cette fois sur la protection aveugle du cardinal de Bourbon ^. Ce prélat leur prêta en effet son autorité

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