‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 54 sur 178 · Crévier, t.' VI, p · texte numérisé non relu

Crévier, t.' VI, p

4. Le cardinal de Bourbon donna aux Jésuites une grande preuve d'attachement en fondant, en loSO, leur maison professe, aujourd'hui lycée Charlemai^ue, dans la rue Saint-Antoine. C'est ce même cardinal, prince du sang, que Mayenne essaya de faire monter sur le Irùne de France, en 1389, sous le nom de Charles X.

et son crédit; il voulut que l'afTaire fût discutée devant lui par les Pères du collège de Clermont et les principaux officiers de l'Université, en présence des évoques de Paris, d'Angers, de Meaux, et de quelques conseillers-clercs du Parlement (12 janvier 1578). Il fit l'éloge de ses protégés, vanta leurs services et invoqua en leur faveur l'autorité du roi Henri III et du pape Grégoire XIII, qui désiraient amener un accord entre les deux corporations rivales.

Le recteur, tout en protestant de son respect et de sa déférence pour les avis du cardinal, déclara qu'il se devait à la défense des droits de l'Université, et qu'il ne pouvait se dispenser de poser aux Jésuites la question bien connue : « Êtes-vous séculiers ou réguliers? » Le provincial reproduisit à son tour la distinction que la Compagnie opposait toujours en pareille occurrence ; et les Jésuites, nous avons à peine besoin de le dire, se heurtèrent une fois de plus à un refus formel et obstiné. Quant au cardinal, il ne jugea pas à propos de s'engager plus avant. Il dit « qu'il s'en rapportait au jugement de l'Université, dont il était l'élève, et serait toujours le zélé défenseur ' ».

En réalité, le temps n'était plus à ces disputes universitaires. On était huguenot, ligueur ou politique; mais on ne songeait pas à prendre parti pour ou contre les Jésuites. La guerre civile avait déchaîné sur la France toutes ses fureurs. Henri III avait succédé à Charles IX (1374), et, par son caractère, mélange inconcevable de faiblesse et de cruauté, de bigotisme et de dépravation, le dernier des Valois ouvrait une libre carrière aux désordres de la Ligue et à l'ambition démesurée des Guise.

On a tracé bien souvent le tableau de cette sombre et sanglante époque : le contraste des orgies et des processions, le roi se déguisant en femme et quittant tout à coup ses habits pour revêtir un sac de pénitent avec une ceinture garnie de têtes de mort % les passions violentes embrasant tous les esprits, les

1. Du Boulay, t. VI, p. 763 et suiv. — Crévier, t. VI, p. 336 et suiv. — Prat, Maldonat. p. 434.

2. Voy. Labitte, De la démocratie chez les prédicateurs de la Ligue, p. 99. — Le portrait de Henri III en coiffure de femme se trouve en tête du pamphlet intitulé Les Hermaphrodites. « Le roy, dit Lestoile, faisoit force masquarades, où il se trouvoit ordinairement habillé en femme, ouvroit

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