‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 55 sur 178 · LES JÉSUITES ET L'LNIVEKSITE PENDANT L.\ LIGUE · texte numérisé non relu

LES JÉSUITES ET L'LNIVEKSITE PENDANT L.\ LIGUE

débauches des courtisans et la férocité des hommes de guerre, les fourberies, les duels et les assassinats, les luttes ardentes des théologiens et les harangues enflammées des prédicateurs, une licence effrénée et une corruption sans limites, les haines religieuses invoquant des deux côtés avec une égale énergie la vérité, la justice et le droit, mais poussant le prosélytisme jusqu'à l'oppression farouche, sanctifiant les rébellions, les massacres et le régicide, effaçant dans les cœurs les plus vaillants l'image de la patrie et livrant la France à l'étranger.

« Quand je me remets devant les yeux, dit PasquiiM' ^ tout ce qui s'est passé en France depuis le mois de mars I080, je ne pense pas qu'entre les histoires, tant anciennes que modernes, il y en ait jamais eu une plus prodigieuse que celle-ci. » Les événements les plus dramatiques remplissent en effet cette période tourmentée et fertile en orages. Les protestants combattent pour leur indépendance et suivent le panache blanc du roi de Navarre, qui les conduit à la victoire. Les catholiques organisent la sainte Union et prennent pour chef le duc de Guise (mars 1585). La Ligue soutenue par l'or du roi d'Espagne rayonne dans toute la France; mais son principal foyer est à Paris, où le fanatisme religieux se forlilie du fanatisme démagogique. La journée des Barricades chasse le roi de sa capitale (lo88j. Henri 111, abandonné de tous, réduit au désespoir, fait égorger le duc et le cardinal de Guise aux États de Blois. Luimême tombe sous le couteau du moine Jacques Clément (1589); et l'on voit TEspagne, Rome, et la maison de Lorraine se disputer le droit d'imposer à la France un roi catholique.

Comment les Jésuites et TUniversité auraient-ils pu rester étrangers à des événements qui se passaient sous leurs yeux? Ils devaient être fatalement entraînés dans le mouvement qui emportait tous les esprits. Pour la première fois, les deux compagnies firent trêve à leurs querelles et se précipitèrent à lenvi dans les violences et les excès, se glorifiant alors de tout ce qui devait faire, dans un avenir prochain, le sujet de mutuelles et amères récriminations.

un pourpoint et descouvroit sa gorge, y portaut un collier de perles e' trois collets de toiles, deux à fraise et un renversé, ainsi que lors portoient les dames de la cour. »

Page 1