Thurot, loc. cit., p
|»as plus ouvrir une école dans l'étendue du diocrse sans son aulorisatidn préalable, qu'on ne pouvait prêcher sans l'aulorisalion de l'évêque? C'est ce qu'on appela la licence, Ucenlia docendi. Vers 1173, le chancelier de la cathédrale exerçait déjà ce droit : en effet, le pape Alexandre III permit alors au chancelier Pierre le Mangeur de recevoir de l'argent pour conférer la licence '.
Mais le chancelier ne tarda pas à abuser de ses prérogatives. 11 en arriva à ne tenir aucun compte des recommandations des maîtres et à n'accorder la licence qu'en imposant des serments conformes à ses intérêts personnels. Les maîtres de Paris conaprirent alors la nécessité de résister au chancelier et de s'unir par des liens plus étroits. Ils tournèrent leurs regards vers le Souverain Pontife et lui demandèrent protection. Quoi de plus naturel ? Les papes étaient les arbitres reconnus de toutes les questions relatives à l'enseignement; suivant Texpression des auteurs de VHistoire littéraire -, ils étaient comme les ministres de l'instruction publique de toute la chrétienté!
Innocent III n'oublia pas qu'il avait étudié dans les écoles de Paris. Il accueillit avec faveur les plaintes qui lui étaient adressées, autorisa les maîtres à se faire représenter par un syndic et à s'imposer, sous la foi du serment, l'obligation d'observer les règlements cjui leur paraîtraient convenables (1209) ^. C'était leur permettre de s'organiser en une véritable corporation, universifas. L'Université comme corps enseignant s'appelle encore Studium Parisioîse, mais on ne la désignera plus bientôt que sous le nom à'Vniversitas Parisiensis, pris absolument et sans aucun sous-entendu *,
Grâce] au précieux appui d'Innocent III, les maîtres des écoles de Paris obtinrent le redressement de nombreux abus : il fut fait défense au chancelier de refuser la licence à ceux que les maîtres lui recommanderaient, et le légat Robert de Courçon sanctionna de son autorité les règlements d'études établis par les maîtres (1215). Les pouvoirs des chanceliers de Notre-Dame sur l'Université étaient désormais des plus restreints; et encore furent-ils
1. Du Boulav, llUtoria Universitcdis Parisiensis, t. II. p. 370.