‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 75 sur 178 · Crctineau-Joly, t. II, p · texte numérisé non relu

Crctineau-Joly, t. II, p

3. Annales des srA-disans Jésuites, t. I, p. 603. — Yoy. aux Archives nationales, AD, 116, une pièce imprimée et intitulée à tort Edit du roi pour le liannissement des Jésuites, du 7 janvier loO.j. Extrait du registre du parle-

l'expulsion des jésuites 133

que les parlements de Bordeaux et de Toulouse défendirent la Compagnie contre les ordres du roi, et que celui-ci, peu ému de cette résistance, ne chercha pas à la vaincre. S'il faut en croire de Thou, « le roi, délivre d'un si grand péril, ne marqua aucun ressentiment contre les Jésuites, quoiqu'on rejetât communément la haine de cette horrible action sur la doctrine de leur école * ».

Henri IV devait-il exaspérer et pousser à bout une Compagnie dont le crédit était considérable en cour de Rome? Il négociait alors avec Clément VIII les conditions de son absolution. Le pape regardait l'arrêt de proscription comme une offense faite à l'Église; il s'en plaignait hautement aux ambassadeurs du roi, les pressant d'obtenir de leur maître le rétablissement des Jésuites, comme un gage de sincère réconciliation. « Est-il juste, leur disait-il, de punir tout un corps pour le crime d'un particulier? Les grands services que les Jésuites ont rendus à l'Eglise et dans toutes les parties du monde sont bien mal récompensés. Je vois par là, quoi que vous en puissiez dire, que les calvinistes sont encore bien puissants en France! » Du Perron et d'Ossat répondaient que toute la responsabilité des faits accomplis devait être rejetée sur le Parlement; mais leurs instructions les liaient étroitement et ne leur permettaient ni de traiter, ni de rien promettre au sujet des Jésuites. « Si Sa Sainteté, disaient ces instructions, vouloit obliger Sa Majesté à recevoir et rétablir en ce royaume lesdits Jésuites, et en traiter avec lesdits du Perron et d'Ossat, ils s'en excuseront, et remontreront n'avoir aucun pouvoir de ce faire ^. »

Arnauld d'Ossat, qui était alors un des prélats les plus remarquables du clergé de France, avait une vue très nette de la situation politique; il avait été le premier à conseiller au roi de tenir ferme et de se raidir contre les ruses et les lenteurs de la cour de Rome. « Que risquez-vous? lui disait-il. Vous tenez et possédez, et plaiderez saisi, tout ainsi comme vous feriez, si vous plaidiez un fîef avec quelqu'un de vos vassaux.... Votre Majesté donne

ment de Rouen, cote C. — C'est saas doute ce qui a induit lieaucoup d'écrivains en erreur et leur a fait croire que Henri IV avait public un édit contre les Jésuites.

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