Crévicr, t. VII, p
3. Bailiet, Vie de Ricker, p. 39. — Quicherat, Histoire de Sainte-Barbe, t. II, p. 112, et Crévier, t. VII, p. 2o.
Le parlement de Paris ne vit pas sans une vive irritation le succès rapide de telles manœuvres. Pour en arrêter le cours, il édicta de nouvelles mesures. Suivant arrêt du 21 août 1597, il fut défendu « à toutes les personnes, corps et communautcz des villes, officiers et particuliers, de quelque qualité et condition qu'ils fussent, de recevoir aucuns des prestres et escholiers eux disans de la société du nom de Jésus, encore que lesdils prestres et escholiers eussent abjuré et renoncé au vœu de profession par eux faite, pour tenir escholes publiques ou privées... * ».
On apprit sur ces entrefaites que la ville de Lyon avait confié la direction de son collège à un ancien Jésuite nommé Porsan, qui avait quitté l'habit de l'ordre, après avoir longtemps professé les humanités dans les collèges de la Société. Aussitôt le Parlement fit citer à sa barre les échevins de Lyon et Porsan lui-même. Celui-ci ne comparut pas, mais les échevins se firent représenter et alléguèrent que Porsan ayant quitté la Société de Jésus longtemps avant l'arrêt de 1594, qui frappait tous ses membres, il ne pouvait tomber sous le coup de cet arrêt.
Ce fut l'avocat général Simon Marion, le beau-père d'Antoine Arnauld, qui requit au nom des gens du roi. Originaire du Nivernais, celte province qui a donné au barreau français le jurisconsulte Guy-Coquille, les Dupin et Delangle, Simon Marion était un des plus fameux avocats du xvi'' siècle. Le cardinal du Perron, un de ses fervents admirateurs, lui prodiguait les plus pompeuses louanges. « C'éloit un grand orateur, disait-il, et avoit cette partie qu'en discourant, il persuadoit fort et n'émouvoit pas moins en mettant par écrit. C'est le premier homme du palais qui ait bien écrit, et possible qu'il ne s'en trouvera jamais un qui le vaille. Je dis plus, que, depuis Cicéron, il n'y a pas eu d'avocat tel que lui. » Il se distinguait entre tous par la dignité de son caractère^ sa franchise et l'énergique liberté de sa parole. Ces précieuses qualités, qui conviennent au ministère public plus encore qu'à l'avocat, donnaient un relief particulier au talent de Marion. « Il exerça son office, dit de Thou, avec autant de jugement que d'éloquence, et défendit avec beaucoup de constance la liberté publique et l'honneur du royaume. »
Dans son plaidoyer % Marion s'éleva avec force contre les