Loc. cit., p. 9S et
i. De ratione discendi et docendi, Gandavi, 1188, p. 133.
ciipera des belles-lettres, afin d'arriver plus aisément à mieux servir Dieu. » L'Université adoptera, dans la suite, la méthode des morceaux choisis; mais Bossuet ne sera pas tenté d'imiter cet exemple dans l'éducation qu'il donnera au Dauphin : il lui fera poursuivre l'étude de chaque auteur dans son intégrité, d'un bout à l'autre de ses ouvrages.
Le cours des études de la Faculté des arts se terminait par deux années consacrées à l'étude des sciences : la philosophie, les mathématiques et la physique. L'esprit libéral de la réforme universitaire s'accuse ici d'une manière beaucoup plus timide. Aristote reste le maître tout-puissant, devant l'autorité duquel on s'incline, comme devant l'organe de toute vérité. C'est la lecture à peu près exclusive des livres d'Aristote que l'on prescrit aux élèves. La première année, dans les classes du matin, on interprète la Logique, en commençant par les Catégories, auxquelles viennent se joindre le traité de V Interprétation, les cinq premiers chapitres des Analytiques, les huit livres des Topiques et les deux livres de la Démonstration. Le soir, on explique V Ethique. La seconde année, on étudie le matin la Physique d'Aristote, et le soir sa Métaphysique. A six heures, le matin, on apprend la Sphère et quelques livres d'Euclide '.
Un grand progrès est réalisé sur le passé. Les subtilités scolastiques sont moins en honneur; on rejette « les vaines et puériles questions introduites par des auteurs barbares, condamnées ensuite par un siècle plus poli et plus civilisé, et que des esprits durs et baroques ont essayé tout récemment de faire renaître et refleurir - ».
Le texte d'Aristote doit être expliqué philosophiquement, et non grammaticalement; c'est la solidité du fond plutôt que la force des mots qu'il faut faire ressortir. « Dispositions remarquables, dit M. Jourdain ^, où se reflètent les tendances contradictoires qui se partagent les esprits : d'une part, la vénération pour Aristole et les anciens; de l'autre, le dégoût des subtilités de la scolaslique et je ne sais quelle vague aspiration vers une méthode moins artificielle, plus simple à la fois et plus élégante! Le mo-