‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 84 sur 178 · Art. ■'tl,ibid · texte numérisé non relu

Art. ■'tl,ibid

3. Histoire de l'Université de Paris au xviic et au xvuie siècle, p. 16.

ment approche où le Stagvrite partagera le discrédit de ses interprètes, et où sa philosophie méconnue et dépréciée, même dans l'Ecole, s'éclipsera peu à peu devant l'éclatant succès de la méthode et de la doctrine de Descartes. »

Les Jésuites fixèrent à trois années, au lieu de deux, le cours des études philosophiques, et s'inclinèrent, comme l'Université, devant l'autorité d'Aristote. Mais tandis que l'Université expliquait les œuvres du philosophe grec plus philosophiquement que grammaticalement, le IhUio recommandait aux professeurs de s'attacher étroitement au texte et d'accorder au sens des mots autant d'importance qu'aux questions elles-mêmes. Une prescription du Hatio nous révèle le vice capital du système philosophique de la Société. Parmi les interprétations des commentaleurs, le professeur doit chercher à démêler celles qui lui semblent préférables; et il peut s'autoriser de ce conflit d'opinions entre les hommes les plus éclairés pour émettre certains doutes, « qu'il ne faut pas trop poursuivre ni cependant trop négliger, s'ils sont de quelque importance ' ». N'est-ce pas là l'origine de cette doctrine du probabilisme, qui a soulevé contre la Compagnie tant de vives critiques et l'éloquente indignation de Pascal?

« La philosophie des Jésuites, dit l'abbé Sicard ^, enfermée dans la scolastique, faisant une part trop restreinte aux études scientifiques, ne jeta pas le même éclat que leur enseignement littéraire. »

En résumé, nous voyons les statuts de l'Université et le liatio studiûvum concourir également à l'établissement de cette instruction classique, à la fois grecque et latine, qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours presque sans modifications. Mais nulle part nous ne voyons éclater la supériorité si vantée des nouvelles méthodes attribuées à la Société de Jésus. La vérité, c'est que les Jésuites ne se distinguent de l'Université ni par les programmes d'études, ni par les méthodes d'enseignement, mais par l'esprit général qui préside à la direction des études. C'est dans ce sens que M. Bersot, un de nos plus brillants éducateurs, a pu dire : « A l'égard des lettres, il y a deux amours qui n'ont de commun que le nom : l'un fait des hommes, l'autre de grands adolescents.

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