De dignitale et augmentis scientiarum, \. VI, ctiap. iv
LA RÉFORME DES KTl'DES 157
peine un mois, du.'U aoùL au I"' oclobi'c, jour de la Saint-Réiny.
Les arts d'agrément sont sévèrement exclus; on bannit du quartier de l'Université, pour les reléguer au delà des ponts, tous ceux qui exercent des professions de nature à corrompre la jeunesse ou à la détourner des études, lesjouours d'instruments, les danseurs, les histrions. L'escrime est interdite, parce qu'elle pourrait servir d'aliment aux troubles et aux violences. Les écoliers doivent s'abstenir de toute alTectalion et de toute recherche dans leurs vêtements; il leur est détendu de faire friser leur chevelure. Celte dernière prescription ne tarda pas, il est vrai, à tomber en désuétude, au grand scandale de Crévier. « Cette modestie, dit-il ', s'observait encore dans les collèges de l'Université pendant ma jeunesse. Aujourd'hui les choses sont bien changées : et je ne puis voir sans indignation chaque veille de jour de congé et de fêle entrer en foule dans nos collèges des essaims de bas artisans (lu luxe, qui viennent arranger la chevelure des écoliers, et qui, dans les conversations qu'ils ont avec eux, peuvent leur donner des let^'ons que la jeunesse retient plus aisément que celles de ses maîtres. Quelle différence entre cette facilité molle et les sévérités des anciennes lois et en particulier du statut dont il est question! »
Ces règles étaient évidemment dictées par le désir de faire du collège un asile des lettres fermé, inaccessible aux bruits comme aux plaisirs du dehors. Mais le but était dépassé; et celte austérité déplacée, ce régime de compression ne pouvaient former qu'une jeunesse chagrine, morose, aux allures un peu sauvages, mal préparée à vivre dans le monde. L'Université n'avait pas médité les sages conseils de Montaigne; elle ne savait pas que le mélange modéré du jeu et du travail est singulièrement favorable aux progrès généraux de l'esprit.
Les Jésuites furent mieux inspirés. Tandis que l'Université, malgré l'extrême rigueur qu'elle déployait, n'arrivait ni à réprimer la turbulence des écoliers, ni à mettre un terme aux conflits des boursiers, des régents et du principal, ils perfectionnèrent l'internat en le débarrassant de toutes les vieilles coutumes universitaires, qui jetaient périodiquement le désordre dans les écoles. « La clôture des collèges de l'Université était imparfaite :