‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 88 sur 178 · Lenormand, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Lenormand, loc. cit., p

2. La vie et les travaux de Jean Sturm, premier recteur du gymnase et de l'académie de Strasbourg, par Charles Scbmidt, p. 301.

comme à l'amour inné du plaisir. Les Jésuites, moins austères ou plus soucieux de plaire, les reprirent et les organisèrent avec un éclat jusqu'alors inconnu. Les Pères qui maniaient le mieux le vers latin, le P. Porée et le P. Ducerceau, ne craignirent pas de composer des pièces nouvelles à l'usage de leurs élèves. L'ingénieuse Société voyait dans ces exercices dramatiques une occasion de distraire les jeunes gens et aussi de leur donner des leçons de tenue et de bonnes manières. En représentant des pièces de théâtre, a dit un Jésuite *, la jeunesse apprend à se tenir comme il convient; elle s'approprie ce qui est souvent la meilleure recommandation, la tournure; elle perd cette timidité qui paralyse souvent les hommes de telle façon qu'ils sont incapables de proférer une syllable devant un grand de la terre ou dans les lieux publics.

D'un autre côté, les Jésuites s'attachaient à conserver et à fortifier la santé de leurs élèves. Ils ne leur permettaient ni d'étudier en dehors des heures fixées par les règlements, ni d'abréger le temps destiné au sommeil, « En gardant une juste mesure, disaient les constitutions, on sera en état de travailler plus longtemps à la gloire de Dieu. » Les exercices physiques étaient en grand honneur. On profitait des vacances et des congés pour faire des parties de plaisir, des excursions dans les maisons de campagne de Tordre. On faisait des armes, on montait à cheval, on s'exerçait à la natation et à des jeux divers destinés à assouplir le corps.

Ce qui donnait enfin à l'enseignement des Jésuites toute sa puissance, c'était l'obéissance absolue, que l'on cherchait à obtenir des élèves par une sorte d'abandon volontaire d'euxmêmes. Une surveillance minutieuse et de tous les instants enveloppait les étudiants, « Et cette surveillance, dit M. Quicherat -, n'avait pas seulement pour objet les écarts de conduite : elle devait être encore une étude des caractères et des habitudes pour arriver à découvrir le mode de direction dont il convenait d'user à l'égard de chaque sujet. Gomme l'esprit français, avec son ouverture, se prêtait à merveille à cette partie du devoir des mai

i. L'ex-Père Gornova, cité par J. Huber dans son ouvrage sur Les Jésuites, t. II, p. 167, édition in-12.

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