Lavallée, Correspondance générale, t. III, page
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Le moi résume la vie entière de cette femme modeste; et le moi dans tout ce que l'orgueil peut concevoir de plus hautain à la fois et de plus secret ; un moi dont M me de Maintenon elle-même a pris soin de npus laisser l'adorable pastel que voici :
« J'ai été jeune et jolie, j'ai goûté des plaisirs, j'ai été aimée partout 1
Dans mon enfance, j'étais la meilleure petite créature que vous puissiez vous imaginer. J'avais un naturel excellent, le cœur bon. En un mot, j'étais véritablement ce qu'on appelle une bonne enfant, de manière que tout le monde m'aimait...
Étant un peu plus grande, je demeurais dans les couvents. Vous savez combien j'étais aimée et de mes maîtres et de mes maîtresses et de mes compagnes. Elles étaient ravies de m'avoir
i. Lettres historiques, tome II, page 102.
Après cela je me suis trouvée dans le monde aimée de tous côtés. C'était à qui m'aurait : les bommes me suivaient parce que fêtais jolie; les femmes me cherchaient parce que j'étais douce dans la société et que, dès ce temps-là, je m'occupais beaucoup plus des autres que de moi. Enfin , chacun s'empressait pour moi, hommes et femmes * »
Elle se dit et on la dit désintéressée.
Suivons-la encore de ce côté :
« Je ne me souciais pas, dit-elle, des richesses. J'étais élevée de cent piques audessus de l'intérêt et je regardais cela comme fort au-dessous de moi 1 . »
Et elle soutire à Fouquet, à Colbert, au Roi des concessions, des privi-
i. 1707. Lettres historiques, t. II, p. 2i3, à M œ « de Glapion.