M mo de Maintenon envoie à son frère
ET MADAME DE MAINTE NON 8l
que sa belle-sœur ait raison de t s'ajuster » étant très mal « négligée », mais il n'est pas cependant nécessaire
le mémoire des objets qu'elle a donnés à M mo d'Aubigné : « Ce n'est, dit-elle, ni pour vous le reprocher, ni pour vous le faire payer que je vous l'envoie, mais pour montrer à M me d'Aubigné que l'argent va vite. »
Une robe de chambre de peluche livres.
couleur de feu 322
Une jupe de satin violet en broderie 33o Une jupe de moire couleur de rose. 94
Un habit à fond blanc 211
Une jupe satin jaune 227
Un corps couleur de feu 38
Quatre paires de souliers et deux
paires de mules 40
Un carreau et un sac de velours cramoisi 33o
Pour deux paires de drap de Hollande 1 5o
Pour le festin de la noce 5oo
Une garniture de point de France composée d'un peignoir, d'un tablier, une garniture de cheminée,
une cornette et deux bonnets 65o
8a l'université
de passer tous les matins deux ou
trois heures au miroir En un
mot, dit M me de Maintenon à son frère, M Ae d'Aubigné est « un oison » qu'il faut faire travailler, car « si elle va joindre le libertinage à la fainéantise d'une bourgeoise, fille unique, ce serait un emplâtre insupportable 1 ».
Voilà pour la famille.
Voici maintenant pour les amis.
M me de Maintenon fait brutalement expulser de Saint-Cyr et reléguer dans un couvent M me de Brinon, et elle pense « mourir de rire » en voyant l'abbé Gobelin en témoigner un étonnement « ridicule ».
Elle «provoque la disgrâce de Lou-
i. 1678, 2 avril, Correspondance générale, t. II, p. 37.
vois avec lequel elle avait comploté les persécutions religieuses et dont elle était personnellement l'obligée *, mais qui avait voulu épargner à Louis XIV la honte d'un mariage avec la veuve Scarron 2 .
i. Voir notamment lettre à M. d'Aubigné, avril 1676 : « Votre mariage est conclu avec M 11 * Carellier, et M. Louvois en doit voir les articles au premier jour... Je ne vous dirai rien de l'obligation que nous avons à M. Louvois, car si j'entrais en matière je ne pourrais vous parler d'autre chose. » (Correspondance générale, t. I, p. 3oo.)
2. C'est à partir de ce moment que M™* de Maintenon voua une haine implacable à Louvois.
Le Roi, décidé à épouser secrètement M me de Maintenon, en parla à Louvois comme d'une chose qui n'était pas résolue. Louvois qui entendait pour la première fois parler de ce projet s'écria : « Votre Majesté, songet-Elle à ce qu'Elle me dit! Le plus Grand Roi du monde , couvert de gloire , épouser la
Elle témoigne à Fénelon les sentiments les moins bienveillants. Elle s'en est, il est vrai, toujours méfiée.
Il avait eu à honneur de ne vouloir mettre au service des conversions que la persuasion et avait dit à Louis XIV
« que sa religion ne consistait qu'en superstitions et en pratiques superficielles qu'il passait sa vie hors du
chemin de la vérité et de la justice
que tant de troubles affreux qui désolaient
veuve Scarron, voulez-vous vous déshonorer?
« Il se jeta aux pieds du Roi fondant en larmes. » Pardonnez-moi, Sire, lui dit-il, la liberté que je prends ; ôtez-moi toutes mes charges, mettez-moi en prison, je ne verrai pas une pareille indignité. » Le Roi lui disait : « Levez-vous, êtes-vous fou ? avez-vous perchj l'esprit ? »
Le Roi conta tout à M mo de Maintenon, qui à partir de ce moment devint la plus mortelle ennemie de Louvois. (Mémoires ds l'abbé de Choisy.)
l'Europe depuis plus de vingt ans,
tant de sang répandu, tant de scandales
commis, tant de provinces saccagées, de
villes, de villages mis en cendre, étaient
les suites funestes de cette guerre de
1672 entreprise pour sa gloire et pour
la confusion de faiseurs de gazettes et
de médailles de la Hollande '. »
Racine malgré une soumission parfois servile n'a pas échappé aux foudres de M me de Maintenon 2 .