Lettre à l'Archevêque de Paris
Le cardinal de Noailles lui-même, « mon archevêque », comme elle disait, ne put pas se soustraire au sort des amis qui avaient cessé de plaire ou dont les services n'étaient plus utiles.
Aussi M me de Maintenon pouvaitelle dire dans un moment d'abandon qui nous découvre en même temps que le vide de son cœur sa haine pour Louvois :
« Je crois que si l'on ouvrait mon corps après ma mort on trouverait mon cœur sec et tors comme celui de M. Louvois *. »
Nous venons de la voir ingrate. La voici médisante.
Nous ne citerons que deux exem-
1. 1708, oct. Lettres hist., tome II, p. 278 à M me de Glapion.
pies, l'un relatif à Madame, l'autre à M me Guyon : « Madame se porte bien », écrit M mc de Maintenon à M me de Brinon ; et elle ajoute, faisant allusion à la passion de Madame :
« La joie est peinte sur son visage de la guérison du Roi, je crois que vous n'en doutez pas(i686) 1 . »
a Le Roi, écrit-elle à M me de Brinon, prétend que M mc Guyon a couru les champs et passé les monts pour suivre son confesseur 2 . »
Et elle écrit sur le même sujet une lettre à l'archevêque de Paris dans des termes qu'il ne nous est point possible de reproduire 3 .
i. 1686, déc. Corr. gén., t. III, p. 55.
2. 1687, avril. Corr. gén., tome III, p. 74, et Lettres hist. y t. I, p. 46.