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Ces propos haineux étaient d'autant plus déplacés que la veuve Scarron ne passait pas pour une femme de mœurs irréprochables; c'est là un sujet que nous ne voulons même point effleurer; mais, il y a, comme disait M me de Sévigné en parlant de M me de Maintenon, t le premier tome de sa vie ». M me de Maintenon, comme le faisait observer M me de Sévigné, ne pouvait espérer qu'on pût toujours l'ignorer 1 .

Mais nous voici à Saint-Cyr.

Avant d'en franchir le seuil nous sommes obligé à un a mea culpa ».

Confiant dans la parole de M rae de Maintenon et de ses apologistes, nous

t. Les lettres du cul-de-jatte Scarron à M n « d'Aubigné ne sont pas de celles que l'on écrit à une femme que Ton respecte.

avons, dans le rapport de la Commission de la Chambre des Députés, reproduit, sans la contrôler, la fable que Ton cherche à substituer à l'histoire de Saint-Cyr, de son origine, de son but, partant de son éducation. Nous avons eu le tort de ne pas remonter aux sources. Notre excuse s'explique par les conditions dans lesquelles nous avons fait ce rapport. Il n'est pas venu au monde dans le silence du cabinet, où naissent à leur jour et à leur heure, les rapports académiques.

C'est un produit hâtif, conçu et né, si nous pouvons nous exprimer ainsi, entre deux batailles. C'était le moment des luttes passionnées à la Chambre et au Sénat. La proposition de loi sur l'enseignement secondaire des jeunes filles, entre toutes, allait soulever des

discussions longues et ardentes; et nous devions encore — l'événement l'a prouvé — compter avec la tactique d'adversaires qui prendraient plaisir à multiplier les incidents de nature à entraver les débats. On nourrissait l'espoir que la proposition deviendrait caduque faute d'avoir pu être votée avant l'expiration du mandat de la Chambre.

Il fallait se hâter. Le rapport a été l'œuvre de quelques jours. L'exposé de la législation étrangère notamment, fait sur des documents originaux, a été, presque en entier, écrit pendant les séances alors qu'en notre qualité de secrétaire de la Chambre nous siégions au Bureau.

Mais voyons ce qu'était Saint-Cyr.

M me de Maintenon affirme et on

affirme que Saint-Cyr a été créé pour la noblesse indigente.

Saint-Cyr, nous l'avons vu, a été créé pour les Nouvelles Catholiques dont M me de Maintenon s'efforçait de faire des religieuses.

Le règlement de 1686 appliqué le jour de l'ouverture de Saint-Cyr disait :

« On leur inspire (aux jeunes filles) l'horreur du monde sans vouloir les contraindre à être religieuses, mais on leur explique les avantages de cette condition x . »

On sait ce qu'il fallait entendre par ces mots « sans les contraindre ».

L'abbé Phélipeaux nous l'apprend lorsqu'il nous fait le poignant récit

1. 1686. Lavallée. Lettres et entretiens sur Téducation des filles, t. I, p. 10.

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de la pression exercée sur la malheureuse M lle de Maisonfort *. Elle avait une aversion profonde pour la vie religieuse qu'on voulait lui imposer.

M. de Chartres, Fénelon, Gobelin, Tiberge réunis par M me de Maintenon décidèrent que « Dieu voulait que M 1Ie de Maisonfort fût Dame de Saint- Louis ». En apprenant cette décision, M lle de Maisonfort « pensa en mourir de douleur ».

Cette pauvre fille, dame de Saint- Louis, mais accusée de quiétisme, fut par lettre de cachet exilée de Saint- Cyr et envoyée dans un autre couvent.

La pensée dominante de M me de Maintenon, dès le premier jour de la fondation *de Saint-Cyr, est de fabri-

i. ii décembre 1690. Lettres historiques, 1. 1, p. 137.

quer des religieuses. Elle ne néglige rien pour atteindre ce but. Elle entoure les jeunes filles d'un luxe de missionnaires, de confesseurs ordinaires et extraordinaires 1 . Et les jeunes filles doivent obéir à leur confesseur t en tout sans nulle réserve 2 ».

Aussi M mc de Maintenon pouvait-elle dès 1691 écrire :

« Toutes nos bleues veulent être religieuses : tous les couvents en prennent à bon marché 8 . »

Les jeunes filles devaient être mortes au monde, et cette mort, bientôt, ne suffit plus à la grande éducatrice, car

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