‹ L'Université et Madame de MaintenonChapitre 44 sur 58 · i er octobre, Lettres historiques, t. II, p · texte numérisé non relu

i er octobre, Lettres historiques, t. II, p

La sœur Fontaines n'a pu prendre part à la fête et elle eût

« été de mauvaise humeur si elle n'avait trouvé de bonnes pêches sur qui se | venger ».

La maîtresse supérieure (sœur Ber- I val) est

« affligée que sa dignité de chef d'ordre Tait empêchée d'aller manger des pêches.

A Theure « qu'on y avait destinée », elle a été faire une conférence à la moitié de la communauté qui est en retraite. »

La sœur de Blosset a

« la tête si dure qu'elle n'a pas compris qu'il était permis de manger des pêches au jardin. J'en ai, vu, dit-elle, les plus belles du monde, qui m'ont donné une grande tentation et qui m'a portée même jusqu'à leur tâter le pouls. Mais le ressouvenir du morceau d'Adam, qui m'est revenu

dans l'esprit, m'a empêchée de succomber 1 . »

Faut-il, après ces réponses de la a communauté », donner celles des sœurs du « noviciat » ?

« Madame, écrit la sœur de Sailly, après avoir gardé une partie du jour les demoiselles à qui on arrachait les dents, je pensais me dédommager de cette fatigue en mangeant des pêches qu'on a eues à sou* per; mais, malheureusement, madame t vous n'étiez point au réfectoire pour voir qu'on avait oublié d'en mettre à notre couvert.

Pour moi, écrit la sœur Halle, ma dignité de première maîtresse me procura une récréation toute spirituelle, où je ne fus repue, au grand réfectoire, que d'autorité et de prééminence; vous pouvez

i. Lettres historiques, t. II, p. 4 et^suiv.

juger, Madame, si je fis un bon repas :

j'étais seule à mon festin.

J'ai fait une chute depuis votre départ, écrit la sœur de Saint-Léger, et j'ai tant d'orgueil que je serais inconsolable si je n'espérais qu'elle ne m'élèvera autant en effet qu'elle me rabaisse en apparence :

c'est que de novice je suis noire à l'infirmerie des demoiselles.

J'ai déjà fait, Madame, continue la sœur de Guiry, un si grand progrès dans le noviciat, que j'ai mérité d'avoir soin des lampes, qui est une des plus éminentes fonctions.

J'aurais bien envie, Madame, poursuit la sœur de Beaulieu, de surpasser nos sœurs dans mon mot, mais je n'en puis venir à bout ; vous n'en serez pas étonnée, Madame, car mon esprit est encore aussi bouché qu'il l'était avant votre départ.

On étouffe mes belles pensées, Madame, ajoute la sœur de Ruffiac, par le bruit de la récréation, et j'ai déjà fait plus de six brouillons pour mettre ceci au net.

Notre troupeau augmente, Madame, dit encore la sœur de la Haye, on nous donna hier deux nouvelles venues, tout ce qui m'en afflige, c'est qu'elles ne sont pas assez ignorantes pour être de dignes filles de la maison de Saint- Louis 1 . »

M me de Maintenon prétend, et on prétend qu'elle ne s'immisçait pas dans les affaires de l'Etat.

Les historiens ont affirmé le contraire et nous avons, en outre, le témoignage de ceux qui , vivant à la

i. Lettres historiques, t. II, p. n et suiv.

Cour, comme M ,le d'Aumale 1 , ont été à même d'observer M me de Maintenon :

c Le Roi, dit M 110 d'Aumale, ne pou* vant se passer d'elle (de M me de Maintenon), la fit loger dans l'appartement de la Reine; les conseils se tenaient dans sa chambre et le Roi y faisait une grande partie de ses affaires sur lesquelles il la consultait souvent \ »

Nous avons le témoignage de M me de Maintenon elle-même :

« Elle reçoit, dit-elle, un jour M. de Chamillard, un autre Mgr l'archevêque ; aujourd'hui, c'est un général d'armée qui va partir, demain une audience qu'il faut donner et qui m'a été demandée avec cette circonstance que ce sont presque toujours des personnes que je ne puis différer de

i. Qui a été secrétaire de M md de Maintenon.

a. Correspondance générale^ t. II, p. 3o2.

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