‹ L'Université Laval à Montréal [microforme]Chapitre 13 sur 21 · PE EE D ET ESS · texte numérisé non relu

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sans doute que l’Université de notre province a eu d'assez grands éloges, sous le double rapport matériel et moral, de la part du Saint -Siége, et de trop grandes faveurs pour mériter les siennes.

Au reste, nous avons d'autres points à régler.

L'Ecole de Médecine est catholique : son orateur le répète une douzaine de fois; il fait toutes les protestations possibles de soumission à l'Eglise et à l'ordinaire,

Que devrait -il conclure de ces belles prémisses ?

Ceci :

Done, d'un côté, nous rompons, avec l'université du collége Victoria, une affiliation que le Saint - Siége veut empecher; nous renonçons, d'un autre côté, à nous affilier à Laval, affiliation que Rome juge évidemment impossible ; et, de plus, pour ne mettre aucun obstacle, même indirect, à l'exécution des volontés du Saint- Siége, qui veut dans notre ville une succursale de Laval, et mème pour les seconder autant qu'il est en nous, nous con sentons, comme c'est déjà convenu du reste, à redevenir ce qre nous avons été pendant sept mois et sommes encore de droit: Ia Faculté de médecine de l'université Laval à Montréal.

Voilà comme il aurait dû raisonner ; mais il a fait, paraît - il, assez de protestations de catholicisme et de soumission pour se soustraire à la rigueur d’une conclusion si catholique.

Bien plus, ces protestations mêmes, il s'en fait une arme, non seulement pour se défendre, mais encore pour attaquer.

L’affiliation de l'Ecole à une université protestante n'est plus, à ses veux, un inconvénient, un désordre, que le tribunal suprème a raison de vouloir empêcher, c'est un simple «prétexte.»

Ne qualifions pas cette hardiesse : il suffit de savoir que c'est le Saint - Siége qui a jugé et l'Ecole qui cerisure.

Pour montrer qu'il n'a pas tort, lorateur en appelle à ce qu'il croit des preuves, savoir : qu'aucun élève n'approche de Victoria, pas mème pour y recevoir ses diplômes ; que cette «belle institution à tenlu la main» aux professeurs de Montréal, en poussant la délicatesse Cjusqu'à ce point» pour respecter les susceptibilités religieuses ; qu'elle leur octroie toutes ses faveurs, toutes les dignités uuiversitaires, sans s'immiscer en rien dans leurs affaires, leur en abandonnant complétement le contrôle.

Peine inutile : ces rrisonnements ne prévaudront jamais contre

un jugement porté spécialement pour l'école. Si le Docteur avait

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Il est bien facile, du reste, sans entreprendre une justification dont le Saint- Siége n'a pas besoin, de prouver que son jugement est conforme au droit et que la position de l'Ecole de Médecine n'est pas dans l’ordre,

L'Eglise, on le sait, est en possession d'ériger et de protéger les universités, de leur donner des lois, et même d'en confirmer l'institution civile. Autrefois ces grandes institutions étaient, en vertu de la bulle Znmensa de Sixte - Quint, sous le protectorat de la Congrégation cardinalice des Etudes. Si cette congrégation, réorganisée par Léon XIT, à semblé perdre la juridiction universelle qu'elle possédait primitivement, le Saint - Siége, lui, ne peut point la perdre, et il ne fait que suivre aujourd'hui sa politique traditionnelle en nonanant Ini même, sur la proposition de la Congrégation des Etudes, le chancelier des nouvelles uni versités catholiques — lequel représente auprès d'elles l'autorité apostolique, — et en confirmant par décret le choix des recteurs.

Or, si telle est la condition d'une université catholique, telle doit être « fortiori celle d'une faculté. Car qui préside au tout, doit présider aux parties. Une faculté ne saurait avoir plus de titre pour se soustraire au droit commun que l'université mème, S'ilétait loisible à une faculté d'exister et de fonction ner en vertu d'une affiliation à une institution étrangère qui ne reconnait pas l'Eglise, pourquoi pas une deuxième, une troisièrie, une quatriemne ? pourquoi pas l'université tout entire ?

Donc, PEcole de Médecine est contre l'ordre et n'a pu subsister, même avant le jugement du I février 1876, que par simple tolérance.

Libre à ses membres maintenant de s'écrier que cette «belle institution, l'université du collége Victoria, à Cobourg, dans la Province d'Ontario », — détails géographiques assez nécessaires, — leur à tendu la main, «en poussant la délicatesse jusqu'à ce point pour respecter les susceptibilités religieuses,» qu'elle leur octroie toutes les faveurs, toutes les dignités universitaires sans s'immiscer en rien dans leurs affaires, leur en abandonnant complétement le contrôle ; libre à eux de crier : « Honneur donc à cette noble institution, qui, laissant chacun libre dans le domaine de sa conscience, donne seulement à

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chacune de ses facultés Le soin de répandre les sciences, se con tentant de les protéger, de les honorer 3 libre aussi à elle d'en agir ainsi: cela prouve assez le peu de cas qu'elle fait de sa respon sabilité, mais ne change rien à la condition anormale de l'Ecole, et ne prouve rien contre la politique de l'Eglise, qui croit, elle, que les convictions religieuses ne sont pas de pures «sus ceptibilitéss et que l'enseignement n'est pas une chose qu'elle puisse négliger, sous prétexte de laisser chacun dibre dans le domaine de la conscience».

On ose enfin opposer aux volontés de Rome le nom de Mgr Bourget et celui de Mgr Fabre.

Si on n'a pas cru blesser en cela les plus strictes convenances, c'est à demi mal. Mais tout n’est pas d'invoquer des noms, quelque respectables qu'ils soient.

Que l'Ecole cite dore un mot qui autorise ses raisonnements ou justifie son attitude actuelle, quand elle en 4 entendu tant qui les condamnent.

Le document mème auquel elle en réfère est contre elle.

Lisons-le,

Dans sa lettre du 22 décembre, Mgr de Montréal s'exprimait ainsi :

«Nos Tres-Chers Frores,

«C'est avec une grande joie que Nous portons aujourd'hui à

votre connaissance une nouvelle qui ne manquera pas, sans doute, de réjouir vos cœurs, si bien disposés et toujours géné reusement prèts à bien accueillir les mesures que vos supérieurs jugent à propos d'adopter pour votre plus grand bien.

«Cette nouvelle, N,'T.-C, F, est l'alliance et l'union définiti vement établies entre l'Université Laval et Montréal. Cette mesure, DÉCRÉTÉE par la Sacrée Congrégation de la Propagande, le Ler février 1876, et qui n'avait pu jusqu'ici recevoir son appli cation pour plusieurs raisons de la plus haute gravité, est enfin aujourd'hui adoptée; et il Nous semble évident, N.T.-C. F,, que Nous ayons à remercier la divine Providence, qui, en aplanissant bien des obstacles et des difficultés, Nous à permis de ren contrer LES VUES du Saint-Siége. Nous avons aussi tout lieu de croire que, tout en accomplissant un ACTE D'OBÉISSANCE envers Notre Premier Supérieur, A Souverain Pontife, dont la Sacrée

Congrégation de la Propagande Nous a transmis LES INTENTIONS, Nous aurons contribué, en réalisant cette mesure, à faire le bien qu'il y avait à accomplir et fait justice aux nécessités pressantes,

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qui se faisaient sentir depuis longtemps dans Notre Ville Episcopale sous le rapport de l'éducation de la jeunesse se destinant surtout aux professions libérales, Nous pensons aussi rencontrer par les vues de Notre lustre et Vénéré Prédécesseur, dont vous connaissez les héroïques efforts et les constants travaux pour procurer à Montréal l'honneur d'institutions toutes catholiques et conformes au désir du Saint- Siége,

«Déjà, pour répondre à PaPPEL DU SAINT -SIÉGE, 6t A NOS EX - HORTATIONS, ON s'empresse d'établir Palliance demandée entre nos Maisons d'Education et l'Université Laval »

Après avoir mentionné les Facultés de théologie et de droit, Sa Grandeur annonce que l'Ecole de Médecine devient, au mème titre, Faculté de Laval :

«L'Ecole de Médecine de Montréal, qui a bien mérité du Diocése et de la Province tout entière, à cause du dévouement de ses Professeuss, continuera l'œuvre par laquelle elle à contribué jusqu'ici à former tant de médecins qui ont fait honneur à leur profession, Ses Professeurs ENTRENT DANS CETTE NOUVELLE ORGA - NISATION * ; ils auront, pour les seconder, d'autres hommes distin gués, et Nous n'avons aucun doute que lon continuera, avec plus de zele et plus de succès encore que par le passé, à former les jeunes gens à cette importante branche des professions libérales, »

Et pour que l'on ne puisse se méprendre sur le caractère de l'entrée des professeurs de FEcole dans la nouvelle organisation, Monseigneur ajoute :

«En conséquence, et de l'avis de nos Vénérables Frères les Chanoines de Notre Cathédrale, Nous avons réglé, statué et ordonné, réglons, statuons, et ordonnons ce qui suit :

1e Pour Nous CONFORMER AUX VUES DU SAIXT-SIÉGE, Nous réglons que l'Université Laval aura désormais à Montréal les mémes Facultés qu'à Québec, »

Le Dr d'Orsonnens commençait trop bien, comme on l'a vu, pour ne pas finir de mème,

Il se fait donc poser la question suivante :

«Vous me demanderez, alors, mais quelle peut donc être la cause qui empêche une fusion qui semblerait devoir être si facile.

* Il est bon de remarquer ici que Mgr de Montréal s’exprimait ainsi sepl jours après la signature des deux conventions dont nous avons parlé plus haut: ce qui contirmerait au besoin le sens, d'ailleurs très - clair, de ses paroles,

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