‹ L'Université Laval à Montréal [microforme]Chapitre 5 sur 21 · FE AT A SAP UE · texte numérisé non relu

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but, libre à vous d'user on non du seul expédient que vous ayez pour cela ?

L'autorité diocésaine peut-elle dire: Voilà trois points importants, trois points jugés nécessaires par Rome, trois points que nous lui avons nous-même, depuis seize ans, représentés comine nécessaires, el en mème temps un seul moyen de les ré gler, libre à moi de le prendre ?

Non.

Et c'est quand Rome vient de déclarer que l'université Laval devra servir d'une manière particulière pour TOUS LES DIOGÈSES de la province de Québec ; c'est quand elle prononce «qu'à lexé cution duquel projet (la succursale de Laval) les évèques devront procéder en union avec Laval sur telles et telles bases; » — c'est après cela qu'on aurait droit de se croire libre !

Non, jamais.

Nous comprenions done, qu'en face de ce décret, le délégué apostolique fit tous ses efforts pour établir en effet cette succur sale; nous comprenions que le vénérable évèque du diocèse s2condât religieusement ses vues et n'épargnât rien, de son côté, pour en arriver enfin à faire l’inarguration de cette même succursale et de chacune de ses facultés; nous comprenions la raison de ses actes et là - propos de cette parole, qui en résume plusieurs autres aussi énergiques : J'obéis.

Nous regardions comme déplorable toute opposition directe ou indirecte et toute résistance, même passive, à la réalisation de ses volontés authentiquement manifestées.

C'est ainsi que nous le comprenions.

Mais si nous ne l’eussions pas encore compris par l'examen de la décision du 1er février, nous le comprendrions aujourd'hui, en lisant les quelques lignes de la bulle que nous venons de transcrire.

Qu'y voyons - nous, en effet ?

Nous y voyons qu'après avoir décrété quatre clauses, le Sou verain Pontife en arrive à une cinquième, qu'il décrète égale ment, savoir :

Qu'en tout le reste fout pEvra ètre réglé d'après la sentence prononcée par la Sacrée Congrégation de la Propagande, en date du 1er 1876.

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ET O0 Or, cette clause lie, aussi bien que les quatre autres. Donc, en dehors des points déjà explicitement indiqués par la bulle, — le Protecteur, le Chancelier, les statuts relatifs à la collation des grades, et Le Consoil de haute Surveillance, — en dehors de ces points, da celeris, tout devra être réglé, omnia esse moderanda, d'après Le jugement du fer février, Mais, en dehors de ces points, qu'y a-t-il autre chose, dans ce jugement, que les dispositions qui concernent les écoles de Montréal, la succursale de Laval el les bases sur lesquelles les évèques, en union avec Laval, devront procéder à son établissement ?

Donc, c'est tout cela qui, en vertu de la bulle, devra ètre réglé d'après le jugement de la Propagande,

Donc le jugemont, ou, comm: l'appelle tei le Saint Pere, la sentence du ler février est plus inpérieuse qu'on ne croit quelque part.

Après avoir ainsi souverainement établi ou ratifié tout ce qui concerne la vie, l'honneur et la paix de l'institution qu'il élève si haut, et nous avoir tracé, à nous tous, nos devoirs de justice, de respect et de confiance envers elle, après avoir jeté sur l’u niversité Laval un reflet de cette auréole qui brille d'un éclat divin au front de l'Eglise catholique, le Pontife, heureux de l'œuvre qu'il vient d'accomplir, n'oublie pas ce qu'il doit à l'Etat,

«Mais comme la Souveraine de la Grande - Bretagne, la Reine Victoria, a depuis longtemps doté et enrichi l'Université d’une Charte renfermant les plus amples priviléges et à laquelle Nous ne voulons déroger en rien ; et comme Sa Majesté a laissé à la inème institution l'entière liberté de se gouverner elle - même, Nous sommes heureux, d'après l'avis de Nos Vénérables Frères, de combler d'éloges mérités, pour Les raisons données ci - dessus, Sa Majesté la Reine, le Gouvernement Fédéral et celui de la Province de Québec, »

Cette attention du Souverain Pontife indique assez l'impor tance qu'il attache aux bons offices de l'Etat envers l'université, et le respect qu'il professe pour les dispositions civiles qui ne blessent aucun de ses droits.

Alors Pie IX s'adresse aux évèques, et enchérit sur les éloges déjà faits ; nous soulignons quelques-unes des expressions qu'il

est bon de remarquer:

«Enfin, nous erhortons fortement les évêques de la Province de Québec à faire en sorte que leurs Séminaires et Colléges soient affiliés à l'Université Laval, qui a fourni et fournit encore

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tant de preuves de sa saine doctrine et de l'intégrité de sa for : afin que des élèves soient de mieux en mienx préparés à fre quenter cette institution, Nous recommandons aussi à tous les Archevôèques et Evèques de la Puissance du Canada, de faire leur possible pour envoyer & cette Université les jeunes gens de bonne espérance qui pourront v faire leur cours d'études ; pour persuader aux parents de ne pas laisser leurs fils jouir de leur propre liberté en leur permettant d'errer dans la ville de Que bec, mais de les confier plutôt à ce pensionnat construit exclusivement pour surveiller leur conduite morale et leur faciliter l'avancement dans l'acquisition des sciences: pensionnat élevé au prix de si grands et de si nombreux sacrifices par le Séminaire de Québec; pensionnat au soutien duquel ont contribué, avee une si grande libéralité et uniquement pour le bien de la jeunesse studieuse, les professeurs et directeurs eux-mêmes, à l'exemple de leurs devanciers.

Voici la fin de cette bulle, qu'il est urgent de méditer :

«Nous décrétons que les présentes etleur contenu ne pourront ôtre d'aucune maniere notées, combattues, enfreintes, retirées, sursies, restreintes, amoindries, sujettes à dérogation en quelque point, ni parce que certains intéressés dans cette matière, ou ceux qui prétendraient l'être, n'auraient pas été appelés, cités ou entendus, ni pour toute autre cause, occasion on prétexte prove nant de subreption, obreption, nullité ou défaut d'intention de Notre part; Nous entendons de plus que les présentes Lettres ne soient en aucune façon comprises dans les constitutions quel conques, révocations, restrictions, dérogations, modifications, ordonnances, déclarations, soit générales soit particulières, mème que ce Siége Apostolique pourrait faire par son propre mouvement, science certaine et plénitude de pouvoir ; mais qu'elles en soient toujours exceptées ; qu'elles soient et demeu rent à perpétuité valides, stables et efficaces; quelles sortent et produisent leur effets pleins et entiers, et soient observées à perpétuité et inviolablement par tous ceux que cela concerne ou concernera d'une manière quelconque à Pavenir; qu'elles soient à tout jamais un appui souverain pour l'Université, érigée comme 1} vient d'être dit, aiusi que pour tous ses membres; et ainsi qu'il a été dit, devra -t-il être pensé, jugé et défini par les juges quelconques ordinaires où délégués, mème par les Audi teurs des causes du Palais Apostolique, ainsi que par les Cardi naux de la Sainte Eglise Romaine, tout pouvoir et autorité de juger et d'interpréter autrement leur étant enlevé à tous et à chacun d'eux, de telle sorte que, s’il arrivait à quelqu'un, sciem ment où par ignorance, de vouloir attenter à ce qui est ci - dessus statué, son jugement serait nul et de nulle valeur, quelle que fût d'ailleurs son autorité.

«C'est pourquoi Nous enjoignons, par Rescrit Apostolique, à Notre Bien-aimé Fils Alexandre Franchi, Cardinal Prêtre de la

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