LES INSTITUTS UNIVERSITAIRES
En 1884, Léo Errera ouvrit dans deux modestes chambres, situées sous les combles des bâtiments du Jardin botanique, un Znstitut de Botanique. Sept ans plus tard, en 1891, cet Institut, grandi par l’action de son créateur, voulut avoir pignon sur rue. [l acquit une maison contiguë au Jardin. En 1889, un grand philanthrope, doublé d’un sociologue averti, Ernest Solvay, à qui l’Université doit une éternelle gratitude, fonda, avec le concours de Paul Heger, l’Institut d’Electricité-physiologie qui se développa rapidement et devint, en 1803, l’{Znshitut de Physiologre. La générosité de Raoul Warocqué fit surgir l’{nshtut d’'Anatome. Un groupe de philanthropes — Alfred Solvay, Georges Brugmann, le baron Léon Lambert et Fernand Jamar —— assura l'érection de l’Institut d'Hygiène, de Bactériologie et de Thérapeutique, dont la réputation est devenue mondiale.
La création de tous ces établissements particuliers fut un événement d’une importance capitale, qui laissa dans l'épanouissement de la vie scientifique de l’Alma Mater un sillon lumineux. C’était presque une seconde fondation, comme l’a remarqué le comte Goblet d’Alviella dans son Histoire de l'Université, de 1844 à 1900.
Ces établissements de recherches pratiques furent officiellement inaugurés le 28 octobre 1895. Le bourgmestre de la ville de Bruxelles, Charles Buls, un grand citoyen en même temps qu’un ami dévoué de l’Université, ouvrit
la séance par ces mots simples mais impressionnants : « Au nom de la Ville de Bruxelles, je fais remise à l’Université libre de Bruxelles des nouveaux Instituts pour qu'elle les emploie à l’avancement de la science et au bien des étudiants. »
Les Instituts furent groupés au Parc Léopold, où la Ville avait généreusement mis à la disposition de l’Université les terrains nécessaires à leur édification. D’autres Instituts devaient bientôt compléter ce magnifique ensemble, l’Znstitut de Sociologie, en 1902, et l’Ecole de Commerce, en 1904, placés sous la haute direction d'Emile Waxweiler et dus, tous deux, à l’inépuisable générosité d’Ernest Solvay.
L'Institut de Sociologie devait, dans la pensée de son fondateur, servir de complément à l’Ecole des Sciences politiques èt sociales qui venait d’être créée. On se souviendra qu'à l’époque de sa fondation, l’Université libre avait conçu le grand dessein d’organiser une faculté spéciale, réservée à l’enseignement des sciences politiques et administratives. Les circonstances l’avaient obligée à restreindre son ambition et à instituer un ensemble de cours qui furent inscrits au programme de la Faculté de Droit. Mais jamais, à aucun moment de son existence, cette grande pensée ne l'avait quittée. Après une longue atteite, il lui fut dofné de la réaliser enfin, avec ampleur, en 1899. Nombreux sont les élèves, appartenant à toutes les classes de la société, qui sont venus recueillir l’enseignement de l'Ecole des Sciences politiques et sociales de l’Université libre de Bruxelles, nombreux aussi les étrangers que sa renommée a attirés de tous les points du globe. Toujours fidèle à sa
politique d’incessante amélioration de ses programmes, le Conseil d'Administration adjoignit aux sections premièrement prévues des sciences politiques, économiques et sociales, une section de sciences coloniales et une section d'économie financière,
Le 17 octobre 1904, Ernest Solvay, voulant compléter un plan d’éducation sociale qui lui était cher, fonda l'Ecole de Commerce « afin de former à tous les degrés des hommes instruits des choses du commerce et de l’industrie » et capables de contribuer par leurs aptitudes à la prospérité économique du monde.