LES ÉLÈVES
Animée d’un tel esprit, ouverte largement à toutes les recherches de la science, libre de toute entrave, secondée par une élite professorale, l’Université ne pouvait manquer d’exercer sur la jeunesse un attrait 1rrésistible. Ses débuts, sans doute, furent modestes, mais quelle ascension glorieuse dans la suitel
Au départ — en 1834 — 06 inscriptions. Cela peut paraître bien peu aujourd’hui, mais ce chiffre si peu élevé qu'il fût, marquait à cette époque un succès notable. À peine installée au Palais Granvelle, après son expulsion, en 1842, de son premier berceau, l’ancienne Cour, place du Musée, elle vit croître le nombre de ses élèves avec tant de rapidité qu’elle étouffa bientôt dans les locaux qui lui avaient été concédés. En 1845, le départ des dernières Cours de justice, qui jusque-là s'étaient attar-
dées au Palais Granvelle, lui permit de s'installer plus à l’aise. Mais ce n’était là, toutefois, qu’un pis aller. A peine dix années s’étaient-elles écoulées, que le problème des locaux redevint angoissant. L'Université poussa un cri de détresse. « Les élèves étaient tellement serrés les uns contre les autres, écrivait-elle dans un rapport adressé à la Ville, qu'il leur était impossible de prendre des notes. » La Ville acheta, rue des Sols, un hôtel voisin,
l'hôtel de Thy, et le mit à la disposition de l’Université.
Cependant, ces agrandissements successifs n’étaient que des expédients, destinés à résoudre, dans la mesure du possible, un problème obstinément inquiétant. La réputation sans cesse grandissante de l’Université attirait des auditeurs toujours plus nombreux, et de plus, le développement de la Science exigeait des installations meilleures. On en vint à l’idée de reconstruire les ailes délabrées du Palais Granvelle, de les relier par une façade monumentale, d’allonger même une des ailes, dans la direction de la rue de l’Impératrice, par une construction d’ordre classique en harmonie avec l’ensemble. Au sommet de la façade on plaça la figure symbolique de la Ville de Bruxelles, la grande bienfaitrice, ceinte d’une couronne murale, un sceptre à la main. Sur l’attique, deux statues debout, personnifiant la Philosophie et le Droit. Dans la cour d'honneur, on érigea la statue de Pierre-Théodore Verhaegen. L'Université avait, enfin, un palais digne d’elle. Plus tard, rue des Finances, elle construisit l’Ecole de Pharmacie, tandis que, rue des Sols, toujours poussée par la nécessité de s’agrandir, elle expropria un vaste hôtel contigu.
Les chiffres ont toujours quelque chose de rébarbatif. Je m'en voudrais, cependant, de ne pas en citer quelquesuns car, sous leur apparence sèche et rude, ils possèdent leur éloquence. En 1834, 096 élèves; en 1849, 350; en 1875, 700; en 1884, 1,700 ; en 1923, 2,000. À l'heure où nous célébrons l'inauguration des nouveaux locaux de l’Université, plus de 2,300 élèves sont immatriculés !
Un large esprit de solidarité confond dans des sociétés diverses la jeunesse estudiantine, bruyante mais studieuse, les unes vouées au travail et à l’étude, les autres à la récréation. Elles sont tellement variées qu’il serait impossible de les énumérer toutes. Cependant, parmi les créations sociales dues à l’initiative des enfants de l’Université de Bruxelles, il convient d’en retenir une, en raison de son importance extraordinaire, l’'Umion des anciens étudiants.
Fondée en 1843, l’Union se donna pour but «de maintenir les liens entre l’Université et ses anciens élèves et de venir en aide, par l’octroi de bourses, à des jeunes gens de mérite peu favorisés de la fortune ». Aujourd’hui elle forme une légion forte de plus de 2,000 membres, garde vigilante, veillant avec l’Université elle-même, aux destinées de la grande Œuvre.
D'autres institutions ont été créées, concourant au même but, l’Extension de l'Université libre de Bruxelles, dont les cours et les conférences jouent un rôle éducatif si appréciable dans le pays, et la Revue de l’Université, qui fait connaître au grand public, par la publication d'articles synthétiques, le travail scientifique des maîtres et des élèves. Union, Extension et Revue, toutes trois tendent à augmenter la prospérité de l’Université à
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