‹ L'Urée Au Cours Des États FébrilesChapitre 12 sur 36 · HR DE · texte numérisé non relu

HR DE

tique, il se met en état de pression uréique dont le taux

varie suivant le degré de la lésion rénale et la quantité d'albumine ingérée.

Le degré de rétention uréique se fixe à un chiffre assez constant qui varie suivant la perméabilité des reins pour l’urée. |

Cette règle est tirée d’expériences ou d’observations nombreuses.

Il est maintenant universellement reconnu que l’ingestion plus abondante de matières albuminoïdes augmente momentanément du moins, l’urée sanguine chez les individus dont le rein est intact, et accentue les symptômes, en même temps que la teneur du sang en urée, chez ceux dont le rein excrète mal.

Pour préciser les idées, rappelons qu’en dosant l’urée sanguine le matin vers ro heures, chez un individu à jeun depuis la veille, AMBARD a trouvé o gr. 21.

Deux heures après le repas de midi, contenant environ 190 gr, d’albumine, on a trouvé o.gr. 46, c’est-à-dire plus du double.

L’azotémie augmente sous toutes Les influences qui diminuent l’excrétion rénale, en dehors de toute altération massive du rein; on peut assister à l’élévation du taux de l’urée sanguine chez les rétentionnistes urinaires, par exemple. Il existe, en effet, en chirurgie des azotémies mobiles, à ascension ou régression rapides et dont les variations n’ont plus la même valeur pronostique ni la même signification que chez les brightiques.

L'azotémie post-opératoire, par exemple, si elle est liée quelquefois à une poussée aiguë de néphrite toxique, est plus souvent en rapport avec une chute brusque et impor-

ER Vo

tante de la sécrétion aqueuse dépassant la possibilité d'élimination de la concentration maxima : l’azotémie postopératoire est aiguë, évolue en quelques jours, brûle les étapes et atteint rapidement le taux mortel de 5 gr. Elle peut cependant guérir, si elle n’est pas restée trop longtemps à son acmé, si surtout la sécrétion aqueuse peut être rapidement ramenée à des proportions normales; l’azotémie peut descendre lentement et le malade échapper au grave danger dont il était menacé.

Mais en dehors de la phase post-opératoire, on voit encore chez les prostatiques des azotémies mobiles quoique chroniques, parfois curables quoique très élevées, et dont l’évolution n’est liée à aucune modification appréciable de la fonction aqueuse. Elles dépendent de la rétention vésicale et, pour les ramener au taux normal, il suffit de faire cesser la rétention.

-Guxox avait déjà noté le tableau clinique de l’intoxication des rétentionnistes incomplets surtout (parce qu'ils ne soignent pas leur rétention) et qui meurent d’azotémie par tension ascendante.

Dans les néphrites azotémiques le pouvoir de concentration du rein est diminué-et la concentration maxima est abaissée. C'est une idée qui, en somme, était impliquée dans cette conception déjà ancienne que les néphritiques interstitiels urinent beaucoup parce qu’ils sont incapables de concentrer leur urine. c

Parix et AMBarD ont étudié les concentrations maxima de l’urée chez les azotémiques, chez le chien en particulier, dont les méphrites chroniques spontanées ressemblent beaucoup aux néphrites azotémiques de l’homme. Ils ont vu que chez ces animaux dont la concentration maxima

normale est de 120 °/,,, elle peut, du fait de la néphrite, tomber à 20 °/,, et quelle est indépendante du débit de Purée.

Herrz-Boyer et Moreno ont étudié Ia même question chez l’homme et publié l'observation d’un sujet à concentration maxima de 20 °/,, (la normale était de plus de 5o °/,, chez l'homme). |

La chute de la concentration maxima est un fait très général dans les néphrites azotémiques et dans ces dernières surtout; les néphrites albuminuriques, à manifestations hydropigènes ne semblent guère toucher la concentration maxima de l’urée, :

Indépendamment de l’absorption d’albumine et de l’état des reins, AcHARD a noté un certain nombre de substances qui peuvent faire varier Fazoturie en plus : sucre, café, thé, quinine, morphine, salicylates arsenicaux, chloroforme, et en moins : acides minéraux, acétates, phosphates, glycérine.

Enfin, des azotémies ont été signalées chez les cardiaques et particulièrement à la période asystolique, par oligurie sans lésions rénales, par Ac#ARD et PAISSEAU, par MerkLen et Croissant, par Josué et PARTURIER.

Tels sont les facteurs susceptibles de faire varier le taux de l’urée dans le sang et de créer la rétention azotémique.

On voit que la recherche du taux uréique dans le sang apportera un élément de diagnostic et de pronostie souvent fort utile dans une question où on ne s’entourera jamais de trop de méthodes de recherches; mais les renseignements qu’elle fournit ne sont pas décisifs, puisque

nm M 2

nous avons vu qu’elle peut s’élever très haut sans que le rein soit anatomiquement altéré..et, d'autre part, une azotémie de o gr. 30 à o gr. 5o peut correspondre à un rein très altéré. Il n’y a pas de parallèle entre le chiffre de l’azotémie et la deficience du rein.

Nous allons voir successivement Piles sont les différentes recherches qui éclaireront plus complètement le médecin sur la valeur du rein et le métabolisme des azotés.

Recherches et Dosages

Dès que l’urée fut découverte, dès que fut pressenti le rôle des substances azotées en pathologie, physiologistes, chimistes et cliniciens recherchèrent des méthodes propres à donner des renseignements sur la quantité d’urée contenue dans le sang. :

Chacun chercha à percer le mystère de l’excrétion uréique et à représenter, qui par un chiffre, qui par un rapport, une donnée sur le débit de l’urée Te lon | déduisait l'état anatomique du rein.

Comme le dit AmBar», l'esprit se refuse à l’idée qu’il soit possible de mesurer exactement un processus biologique complexe. Il n’est pas moins vrai que les efforts des chercheurs méritent d’être signalés, à condition toutefois de ne pas attribuer à une seule méthode une valeur absolue, ni surtout de conclure d’un chiffre anormal à une lésion anatomique.

Les données que nous possédons sont déjà considérables tant par leur valeur que par l'importance de la fonction qu'elles éclairent,

CICR

Le dosage de l’urée fut, bien entendu, la première des recherches effectuées, après la découverte de cette substance dans l’urine. or

Les procédés en ont été nombreux et celui qui a subsisté, en raison de sa simplicité et de sa valeur, est le dosage par l’hypobromite de soude, effectué soit sur le sang, soit sur l'urine, soit sur l’un et l’autre à la fois, soit enfin sur le liquide céphalo-rachidien.

Cette méthode a été employée successivement par Fozzin, MÔRNER, GREHANT, DESGREZ; elle donne des renseignements de premier ordre sur la teneur en urée du sang, c’est-à-dire de 85 % environ de l'azote total.

Recherche de l’Azotémie

Depuis les travaux de Wipaz et Javar, le dosage de l’urée du sang a acquis une grande importance pour le diagnostic, le pronostic et le traitement des néphrites.

« Je préfère me passer de la recherche de l’albumine dans l’urine d’un brightique, que du dosage de l’urée dans son sang » (Wipar).

La rétention de l’urée est, en effet, avec la rétention des chlorures, l'hypertension et la dilatation cardiaque, un des quatre grands syndromes de l’altération rénale. Elle peut être facilement décelée parce que, d’une part, l’urée reste en grande partie dans le sang (à la différence des chlorures) et que, d’autre part, le dosage en est d’une application relativement facile en clinique.

Cette rétention n’est pas moins importante chez les nourissons; elle peut, chez eux, se montrer avec des

ae, UE

lésions rénales peu marquées, ou même nulles; elle est constante dans l’athrepsie «ét créé la cachexie azotémique (NOBECOURT).

La méthode Ja plus couramment employée est la suivante :

Principe du dosage par l’hypobromite de soude

Cette méthode est basée sur la décomposition de l’urée par l’hypobromite de soude

Co (NH°}? + 3 NaOB, — 2N + Co* + 2H°0 +- 3NaB,

Si l’on opère en présence d’un excès de soude, CO? est retenu et N seul se dégage, et son volume sera proportionnel à la quantité d’urée décomposée. Par conséquent, si on fait agir sur un volume connu de liquide renfermant de l’urée une solution alcaline d’hypobromite de soude, et que l'on recueille l'azote qui se dégage dans la réaction, on pourra, par le calcul, en.déduire la quantité d’urée contenue dans le liquide examiné.

Théoriquement, 1 gr..d’urée dégage 371 cmc., 2 d'azote mesuré à o° et à 760 A de mercure.

Il existe un certain nombre de causes d'erreur : température et pression; il convient, dans chaque cas, de faire des corrections variables d’après les circonstances où l’on s’est trouvé pendant les recherches.

D'autre part, une partie de l'azote dégagé est oxydé et transformé en acide cyanique et acide azotique : un moyen simple de supprimer ces deux inconvénients consiste à opérer simultanément sur le liquide que l’on étudie et sur une solution d’urée pure d’une teneur exactement

connue et assez voisine de celle que l’on pense trouver : une simple règle de trois donnera le chiffre cherché.

D’autres substances que l’urée dégagent de l’azote par l’hypobromite : l’acide urique, créatinine, sels ammoniacaux. L’acide urique est éliminé par le sous-acétate de plomb, l'erreur due à la créatinine est négligeable, quant aux sels ammoniacaux il faut les doser et faire la correction nécessaire en se souvenant que

Urée — Azote-ammoniaque X 0.1764.

On obtient ainsi un nombre que l’on doit soustraire de la quantité apparente d’urée.

Page 1