‹ L'Urée Chez Le Nourrisson: Ses Variations Selon Le Régime AlimentaireChapitre 9 sur 36 · Maurez. Société de biologie, 23 avril · texte numérisé non relu

Maurez. Société de biologie, 23 avril

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3° Rapport de l'azote alimentaire et de l’azote

résiduel chez l'adulte.

Il existe une différence considérable au point de vue des échanges nutritifs chez l’adulte et le nourrisson. Il importe de bien connaître ces différences de facon à pouvoir interpréter exactement les faits et résultats obtenus. Ù

Si nous faisons des recherches sur l'alimentation d’un sujet adulte il nous est facile de le choisir dans des conditions physiologiques bien déterminées : nous prendrons un homme complètement formé dont tous les organes ont atteint leur degré définitif de perfectionnement, en un mot un être en équilibre physiologique. Il ne subira durant nos expériences aucun changement. Il n’augmentera ni ne diminuera de poids. Nous lui calculerons une ration alimentaire fixe qu’il prendra exactement. Dans ces conditions tout l'azote ingéré (et nous en connaîtrons exactement le chiffre), ou sera utilisé à la mise en liberté d’énergie calorique ou mécanique, et toute cette énergie aura été dépensée, ou se retrouvera dans les déchets de l’organisme.

On le voit donc, il sera facile d'obtenir des résultats exacts, semblables à eux-mêmes, très peu influencés par les variations dans l’état du sujet. |

Aussi n’est-ilpas étonnant que M. G. Leven (1) exa-

minant les variations de l’urée chez des adultes nor-

1. G.Leven. Société de biologie, novembre 1900et février 1901,

maux soumis à un régime déterminé trouve que le ré-

gime étant fixe le taux de l’urée est constant lui aussi,

résultats que confirme M. Moreiche (1).

4° Rapport del’azote alimentaire et de l'azote

résiduel chez l'enfant.

Chez l'enfant, les faits se passent de façon tout autre, et M. Leven reprenant les expériences dont nous venons de parler en s’adressant à des sujets jeunes (1), trouve des résultats tout différents, et observe des variations considérables dans le taux quotidien de l’urée chez des enfants dont le régime alimentaire restait le même.

En eflet si l’on fait abstraction des premiers jours de la vie, période pendant laquelle le nouveau-né perd de son poids, on peut dire que l’accroissement suit une progression constante et est d’autant plus sensible que l’enfant est plus près de sa naissance.

Pinard a observé à ce point de vue six enfants nour-

ris au sein (2) et en donne le tableau suivant :

1. Moreicue. Société de biologie, mars 1901. 2. V. Wazucu. Sur la façon de diriger l’allaitement maternel, Revue pratique d’obstétrique et de pédiâtrie, 1894.

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MA Ces observations montrent bien l’accroissement rapide des premiers mois, le maximum atteint généralement pendant le deuxième mois puis diminuant peu à peu suivant ces chiffres d'augmentation quotidienne cités par Ribemont-Dessaigne et G. Lepage (1) :

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Ici donc l’étude des échanges nutritifs se complique

ence sens que l'alimentation chez le nourrisson doit

non seulement rénover sa substance, entretenir son énergie, subvenir aux besoins de son activité fonctionnelle, mais de plus fournir les matériaux de la croissance. Le rapport de l’albumine ingérée à l’azote excrété va donc être tout autre que chez l’adulte. Une foule de circonstances vont faire varier les résultats, le poids n'étant plus le même et variant d’un jour à l’autre et dans des conditions différentes pour chaque enfant. Les enfants présentent encore une autre particularité: lorsque chez l’adulte on fait l'analyse quantitative de l'azote des fèces et des urines on trouve un chiffre qui correspond sensiblement à celui de lazote ingéré.

Or, chez les nourrissons, les choses se passent autre”

1. Risemonr- Dessaine et G. Lepace. Précis d’obstétrique, p. 515.

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ment. Si l’on additionne l'azote des matières fécales à celui des urines, on n'arrive pas à la quantité d’azote ingéré. C’est du moins le résultat des travaux de Camerer, de Lange et de Bendix. Il y aurait donc chez l’adulte « équilibre d’azote » (Stickstoffgleischgewicht), alors que chez le nourrisson on trouverait un « déficit d'azote » (Stickstoffdéfizit).

Cet azote « qui manque » Camerer (1),pense qu'il s’élimine sous forme d’ammoniaque par le poumon et la peau.

Bierdert estime qu'une partie des matières albuminoïdes décomposées par les bactéries intestinales de l'intestin du nourrison s’éliminerait sous forme de gaz intestinaux. |

Les expériences de Voit et de Pettenkoffer (2) et celles de Pflugger et Léo (3) montrèrent l’inanité de la théorie de Camerer.

Quant à l’hypothèse de Bierdert elle est purement gratuite et ne s'appuie sur aucun fait.

Bendix (4) montra que si l’azote ne reparaît pas, c’est que « l'azote est resté dans le corps où il a été complè- « tement utilisé pour l’accroissement des cellules de

« l'organisme. »

1. Cauerer. Sficksto/fwechsel des Saüglings. Zeitsch. f. Biologie, 1876 et 1880. | >

2. Citées par Lance in Jahrb. für Kinderheilk, 1895,t. XXXIX.

3, Leo cité par Hauuersrex dans Lehrb.der physiolog. Chemie.

# Bexnix, Jahrb. für Kinderheilk, 1896, t. XLIIT, p. 23.

5° Parallèle de l'assimilation et désassimilation des albuminoïdes chez l'enfant et l’aduite.

Un adulte exclusivement nourri au lait assimile les matières albuminoïdes dans une proportion de 91 0/0 d’après les nombreuses expériences de Rubener (1), las similation ne serait même que de 88 0/0 d’après Praussnilz, chez l'enfant la quantité d’azote utilisé est beaucoup plus forte, et d'autant plus grande que l'enfant est plus jeune :

Lange (2) cite les chiffres suivants :

CAMERER LANGE CAMERER Enfants de 4 Enfants de moins Nourrissons de

à {ans d’un an quelques jours

Plus l'enfant est jeune est plus l'assimilation est

active.

‘ Uffelmann donne des chiffres analogues :

Adulte LUE fie 0 0/0 d’azote ingéré ‘Adoléscent .:. . 94 ‘0/0

Nourrisson . . . . 97,5 0/0 = Ce chiffre de 97,5 0/0 s’applique au nourrisson nourri au lait maternel ; nourris au lait de vache les enfants

n’assimilent que 95,46 0/0.

1. Rusxer. Zeitschr. für. Biologie, 1879, t. XV. 9, Lancer. Ueber den Sto‘fvechsel des Sanglings. Jahrb. für. Kinderheïl.,1895, t. XXXIX.

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On peut done dire que l'assimilation des nourrissons est beaucoup plus active que celle des adultes et que cette hyperassimilation, porte surtout sur les matières

albuminoïdes (1).

6° Conclusions pour l'étude de l’urée chez l’enfant.

Les paragraphes précédents nous ont donné une idée des difficultés que présente l’étude de l’urée chez l'enfant. De nombreux facteurs entrent, en effet, en jeu : l’âge, le poids, l’accroissement journalier, l’état physiologique ou pathologique, etc.

Ecartant mème cette toute première période de la vie, ces quelques jours où le nouveau-né ne se nourrit ‘que fort peu, expulse son méconium, et diminue de poids, nous arrivons à un instant où l’enfant âgé de quatre à cinq jours commence à s’accroître : chaque jour son poids varie, l’alimentation suit l'augmentation de poids. Ces variations ne se font pas d’une façon toujours identique ; de deux enfants prenant la même quantité d'aliments l’un s’accroîtra lentement, l’autre augmentera vite de poids.

Aussi ne doit-on pas s'étonner de constater que les différents auteurs qui se sont occupés de la question soient bien souvent en contradiction. Car outre les difficultés que nous venons d’énumérer, il est d’autres

causes encore qui peuvent influencer leurs résultats.

1. Urmann. Étude de la nutrition chez le nourrisson. Thèse Paris, 1900.

Les méthodes d'examen ont été souvent bien différentes, et une légère variation dans les quantités obtenues peut fausser singulièrement les résultats. Si certains expérimentateurs n’ont analysé que les urines d’autres y ont ajouté l'examen des fèces, les uns se sont adressés aux nourrissons allaités au sein, d’autes ront choisis des nouveau-nés mis au lait de vache. Bien souvent les sujets regardés comme en parfaite santé sont devenus dyspeptiques pendant le cours de leur observation (Lange).

La conclusion à tirer de ces faits et de la difficulté à faire concorder tous ces résultats, est la suivante : il faut diviser, il faut s’occuper de chaque cas en particulier. 11 faut effectuer pareillement des recherches sur tous ces enfants, consigner à part les résultats obtenus chez les nourrissons normaux, anormaux, nourris au lait de vache et au sein, dyspeptiques, etc., tirer des conclusions pour chacune de ces variétés, ce qui n’empêchera pas de dégager, si l’occasion s’en présente, des faits généraux qui dominent l’ensemble des résultats.

Mais nous objectera-t-on, vous dosez l’urée urinaire et vous laissez de côté tout l’azote qui peut s’éliminer par une autre voie et sous une autre forme.

Quelle valeur peuvent avoir dans ces conditions les chiffres d'azote que vous trouvez, si vous voulez en tirer des conclusions au point de vue de l’azote excrété ?

Sans doute, si dans chaque observation tout l’azote, sous quelque forme que ce soit, avait été dosé, nous aurions des résultats parfaitement exacts et précis.

Mais pour être incomplets, nos résultats n'en ont

= 29 0 cependant pas moins une valeur très appréciable. Car l’urée contient les neuf dixièmes de l'azote excrété et nous donne par conséquent la mesure approximative de l’azote éliminé.

De plus, voyons la valeur des autres déchets azotés. Ces déchets ce sont l’acide urique et l'azote des fèces

Quelle est la proportion d’acide urique chez l'enfant? Elle est minime, A la naissance, on en trouve des traces suivant Ballantyne, puis la proportion augmente, Gautier, Parrot et Robin en ont constaté la présence ;

Martin et Ruge chez trois enfants de six à huit jours

ont trouvé une moyenne de 21 milligrammes d’acide urique par vingt-quatre heures, Hecker chez des enfants de huit à dix-sept jours en a trouvé 24 milligrammes.

Mais, les conditions qui font varier le chiffre de: l’urée ne sont pas celles qui agissent sur l’acide urique (1)et sans oublier la présence de ce dernier corps, on peut tirer des conclusions légitimes du dosage de l’urée.

Quant à l’azote des matières fécales, il a une origine ! spéciale, c'est en très grande partie un azote quin’a pas été utilisé par l’organisme, « c’est l’azote résiduel « du lait, c’est-à-dire des matières albuminoïdes non « digérées, non assimilables. L’azote urinaire au con- « traire est tout entier formé d'azote qui a été assimilé

« où tout au moins absorbé. On conçoit facilement

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