CHAPITRE VI
Traitement.
La bifidité de l’uretéère entraîne-t-elle un traitement spécial ? Il n’est pas permis, actuellement du moins, de répondre d’une façon formelle à cette question. Pendant quelque temps encore, le chirurgien intervenant sur un rein à dédoublement partiel de l’uretère, pratiquera la néphrectomie totale, seule opération classique dans certaines lésions. Mais ce n’est certainement là qu’un pis-aller ; et si, de plus en plus, la chirurgie rénale cherche à s'orienter vers les opérations conservatrices, on peut bien dire qu’elle trouve, dans l’existence de cette anomalie, des conditions particulièrement favorables à son évolution. Les modalités anatomiques, pathologiques et cliniques, que la bifidité urétérale entraîne sur la glande rénale, nous permettent d'envisager comme possible une opération très spéciale, mais qui probablement sera
la règle, dans l'avenir”: la néphrectomie partielle. D.
IPC
« La localisation des lésions à un seul territoire des reins à deux uretères, dit Legueu, est une des caractéristiques les plus intéressantes de cette anomalie. À ces lésions, convient la néphrectomie partielle, cette opération qui consiste à séparer dans le rein la partie saine de la partie malade, à enlever l’uretère malade et à conserver, dans le même rein, le parenchyme de l’uretère sain. »
Cette intervention très séduisante n’est d’ailleurs pas une simple vue de l’esprit ; mais elle a été pratiquée plusieurs fois, soit que le diagnostic ait été posé avant l'opération, soit qu’il ait été fait, au contraire, au cours de celle-ci. Sa pratique ne va point d’ailleurs sans quelque peine, aussi bien par les difficultés que présente la formation du moignon de la partie du rein que l’on doit conserver, que par la possibilité d’atrophie ultérieure de Ha portion restante du rein, ou que par la production des hémorragies secondaires.
A cause de ces complications, il semble préférable dans des cas donnés de ne faire une néphrectomie partielle qu’après avoir, dans un premier temps, vérifié l’état des lésions et permis au rein de se drainer, par une néphrotomie préalable. C’est pourtant une condition qui est loin d’être indispensable et nous en avons pour preuve la belle observation de Young et Davis, que nous citons plus loin (Obs. XXII).
La technique opératoire ne soulève pas, par ellemême, de grosses difficultés ; voici, à titre d'exemple, comment les deux auteurs précités procédèrent : Le rein, découvert et extériorisé, fut sectionné à la jonction des deux segments, sans intéresser le tissu nor-