‹ L'Uretère BifideChapitre 8 sur 41 · EST · texte numérisé non relu

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Si le dédoublement a lieu à la partie moyenne, ce sera du bord externe et postérieur de son voisin que partira l’uretère supérieur ; s’il a lieu à la partie haute, le point de départ sera le bord postéro-interne. Enfin, il peut arriver que, même dans les bifurcations basses, il n’y ait aucun entrecroisement ; l’uretère supérieur chemine alors sur le bord postéro-interne de l’autre.

Quoiqu'il en soit, il se dégage de toutes ces observations ce fait constant, à savoir que l’uretère supérieur est toujours dans la totalité de son trajet, sauf parfois tout à fait en bas, postérieur ; et cela, même quand il suit un trajet un peu atypique.

Les deux uretères qui vont cheminer l’un à côté de Jautre n’ont pas une importance égale; il est exceptionnel qu’ils soient tous deux de même calibre. D’ordinaire, l’uretère supérieur est plus petit, l’inférieur plus gros; en somme, le volume de l’uretère correspond au territoire plus ou moins grand de rein qu’il collecte. Nous ne parlerons pas des rétrécissements ou des dilatations que peut présenter chaque branche : rien n’est moins constant.

Une fois parvenus au niveau du pôle inférieur du rein, les deux uretères se séparent pour se jeter dans des bassinets distincts, dont l’un va se terminer à la partie supérieure du rein, l’autre à la partie inférieure. Il en est des bassinets comme des uretères : leur volume est très inégal. C’est un fait à peu près général, que le bassinet inférieur est le plus volumineux aux dépens de l’autre, mais il n’est peut-être pas « tout à fait rare », comme le veut Papin, de voir

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le contraire se produire : nous en rapportons trois observations (Obs. I, X, XV). Il faut signaler aussi qu’à l’état normal, les deux bassinets sont complètement indépendants l’un de l’autre et que les communications qui peuvent exister entre eux sont toujours secondaires et pathologiques.

La division des bassinets, en supérieur et inférieur, qui semble évidemment schématique, répond pourtant au plus grand nombre de cas. Cependant, elle n’est pas la seule qui s’observe, et l’on voit parfois un bassinet prendre naissance à la face antérieure ou postérieurc du rein ; dans ces cas, l’uretère aberrant est presque toujours celui de calibre moindre et le rein présente généralement un petit lobe au niveau du hile anormal.

Mais, ce qui est de beaucoup le plus intéressant, c’est la répercussion de cette anomalie uretérale sur le rein, non pas même tant au point de vue anatomique qu’au point de vue physiologique et fonctionnel. Il n’est certes pas facile de diagnostiquer une bifidité uretérale, d’après la forme extérieure du rein ; d’autant plus que, dans la majorité des cas, celui-ci ne se distingue en rien d’un rein normal et que, lorsqu'il est lobulé, le fait est loin d’être pathognomonique. L'’augmentation de volume qu’on rencontre quelquefois n’a pas une signification plus précise ; peut-être pourraiton excepter seulement le cas où le rein est divisé en deux parties par un étranglement dans sa région juxta-médiane. Cet indice de division extérieure du rein répond, d’ailleurs, à une division très réelle du parenchyme rénal, qui, si elle n’est pas anatomique,

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est bien physiologique, et qui existe lors même qu’aucun signe extérieur n’est là pour en avertir. Car si l’on trouve des observations dans lesquelles on si- “gnale par exemple la présence d’une languette fibreuse séparant les deux territoires, il faut bien convenir que ce r’est là que l’exception et que la disposition normale, si l’on peut dire, est l’absence de toute trace de séparation. Il n’en est pas moins certain que la disposition est la même pour les uretères bifides que pour les uretères doubles : chacun répond à un territoire défini du rein et chacun de ces territoires est indépendant de l’autre.

Ces notions, qui sont d’une importance considérable, sont établies par une série de preuves que nous ont apportées la clinique et la chirurgie et que l’on trouvera plus loin. Qu'il nous soit seulement permis de rappeler les résultats démonstratifs fournis par le cathétérisme de chaque branche de l’uretère, dans certains cas de tuberculose rénale, par exemple, ou le succès des opérations de néphrectomie partielle. Nous ne ferons appel ici qu'aux données embryologiques. Dans la formation du rein chez l'embryon, nous savons que ce n’est ni au hasard, ni en suivant une direction qui leur est propre, que s’orientent les vaisseaux du rein. Si, dans certaines glandes, comme le foie, ce sont eux qui guident les voies excrétrices, ici, nous dit Jeanneney, « l’ébauche excrétrice guidé l’ébauche vasculo-conjonctive et lui impose sa forme». Or, nous savons, le fait a été prouvé, que, normalement ou anormalement, les artères du rein sont terminales ; il s'ensuit donc l'indépendance pratique-

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ment complète de chaque lobe excréteur. En résumi, « les territoires artériels des reins étant terminaux d’une part, et, d’autre part, ces territoires se modelant sur l’appareil urétéral, on peut admettre. la séparation quasi absolue «entre les territoires de chàque uretère anormal ».

Si, Maintenant, nous faisons une coupe passant par la face convexe du rein, pour examiner l’intérieur du hile, on constate la séparation des deux bassinets, par la saillie d’une colonne de Bertin plus volumineuse que les autres. Elle divise ainsi en deux cavités le sinus qui, à la coupe, nous dit Papin, prend la forme d'un E majuscule.

L’anomalie artérielle ou veineuse existe-t-elle en même temps que l’anomalie de l’uretère ? La réponse n'est guère facile à donner, car, parmi les observations rapportant des cas d’uretères bifides, beaucoup ne font aucune mention du système vasculaire. Il semble pourtant logique de penser que, la disposition primitive des uretères commandant celle des vaisseaux, on va trouver presque toujours un dédoublement du hile vasculaire. Il n’en est pas toujours ainsi, et Papin, sur les 5 cas qu’il a observés, a trouvé trois fois une artère, une fois deux artères et une fois trois artères. Parmi les observations anatomiques que nous rapportons ici, nous trouvons l’anomalie artérielle signalée dans quatre observations, sur quinze autres, mais dans une seulement de celles-ci, il est dit qu’il n’existait aucune anomalie artérielle.

Nous concluerons donc que si l’anomalie n’est pas constante, elle existe pourtant quelquefois et même peut-être dans la majorité des cas.

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