OBSERVATION
(Due à l’obligeance de M. le Professeur ROCHET.)
Rétention pyélique, suite d'une hystérectomie pratiquée trois ans auparavant.
Mme D.., 36 ans. Entre dans le service de M. le Professeur Rochet, pour une pyurie accompagnée de douleurs lombaires et de brûlures vésicales après les mictions.
Personnellement, la première maladie dont elle se souvienne serait une fièvre typhoïde, à la suite d’une vaccination antityphique. Puis, en 1918, grippe gastro-intestinale.
En novembre 1921, la malade subit une hystérectomie subtotale, en laissant l'ovaire droit, pour des phénomènes caractérisés par des ménorragies abondantes et une leucorrkée persistante, accompagnée de température et de douleurs, En somme, inflammation utéro-annexielle, probablement de nature bacillaire,
En juillet 1923, la malade commence à présenter des troubles digestifs.
En septembre de la même année, apparition des troubles vésicaux, douleurs à la miction, pollakiurie diurne. La malade ne sait pas si ses urines étaient troubles.
En octobre, devant la persistance des troubles, et à la suite de l’apparition d’une douleur sur le trajet de l’uretère droit, on pratique une cystoscopie (Docteur Thévenot) : Muqueuse vésicale normale, orifice urétéral droit normal et facilemen: cathétérisé. L’orifice uretéral gauche est entouré d’une légère
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zone d’inflammation, et débouche à contre-pente, au niveau d’une saillie pyramidale; on ne peut pas le cathétériser. L’examen microscopique est négatif.
Le 3 décembre 1923, apparition de douleurs continues dans la région lombaire gauche, avec irradiation vers le bas, le long du trajet de l’uretère. Après une nouvelle tentative infructueuse de cathétérisme, la malade fut opérée.
Intervention le 3 janvier 1924 (M. Rochet, M. Thévenot, M. Albertin). : ;
Incision lombaire gauche de néphrectomie, sous anesthésie générale à l’éther. On trouve un rein un peu gros, qui ne semble pas parfaitement sain et qui se laisse replier par son milieu. Le bassinet est distendu. 11 en part deux uretères qui se fusionnent à 8 ou 10 centimètres plus bas. On ponctionne celui qui répond au pôle inférieur du rein et l’on introduit une sonde uretérale jusque dans la vessie sans aucune difficulté, en laissant ressortir l’autre extrémité par la plaie lombaire. Suture sur 2 drains en canon de fusil, Mise en place de mèches qui vont sous le pôle inférieur du rein.
Le 5 janvier 1924, M. Thévenot, sous contrôle cystoscopique, retire l’extrémité de la sonde urétérale par l'urètre au moyen d’une pince à corps étrangers.
Les suites furent bonnes et la malade guérit très bien.
FRET (10e
— Dilatation de l'uretère après la fusion des deux branches.
Figure I
Rein à uretère bifide.