ENTRE
Il y a deux ans, PALLASSE et COLAS ont apporté une intéressante observation :
Vieille femme se disant atteinte de fibrome et présentant de longue date des troubles urinaires, attribués à une néphrite chronique de nature médicale. Mort par broncho-pneumonie.
Autopsie : deux grosses tumeurs des ovaires de la taille de deux melons, kyste à gauche, fibrome à droite.
A droite : quelques fibres unissent la tumeur à l’uretère ; on constate au-dessus une énorme dilatation, le bassinet est de la taille d’un caecum normal.
A gauche : difficulté de cathétérisme en un point.
Il est donc vraisemblable dans ce cas que la néphrite qui cliniquement était sans rapport avec une lésion génitale, était en fait la conséquence directe de cette lésion gynécologique ancienne, abandonnée à elle-même.
On voit qu’il faut des circonstances spéciales comme on en observe de moins en moins pour que ces tumeurs lésent l’uretère.
Pour ce qui est des fumeurs solides des ovaires, fibromes, cancers, tumeurs de Krukenberg, nous avons étudié le travail de DE Mona à ce sujet sans trouver de complications signalées, et lu attentivement les comptes rendus opératoires des 22 ablations de tumeurs solides pratiquées dans le Service de Chirurgie de la Salpétrière sans y relever de difficultés opératoires du côté de l’uretère. <
Par contre en 1935 TRISTAN a publié un cas « d’hydronéphrose par kyste de l’ovaire tordu ». Il est probable que l’action sur l’uretère doit se faire alors indirectement, par lintermédiaire du pédicule vasculaire.
Kystes du ligament large
Comme dans toute autre tumeur, ou lésion inflammatoire du ligament large, l’uretère est directement intéressé du fait de son trajet anatomique.
Mais il est à noter qu’au lieu d’être serré contre la paroi
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pelvienne, ou coïncé entre les deux lobes d’un fibrome très dur, ce qui peut entrainer une dilatation sus-jacente, l'uretère ne présente pas habituellement de troubles de compression susceptibles de faire soupçonner cliniquement sa lésion avant l'intervention. Il est en effet le plus souvent seulement modifié dans son trajet, par une masse élastique et non envahissante, Cependant il peut exister comme dans les fibromes un processus inflammatoire, générateur d’adhérences intimes de l’uretère à la poche kystique.
Dans ces cas, le rapport de l’uretère avec le kyste est du plus gros intérêt opératoire. On sait les difficultée que l’on pourra rencontrer au cours de l’intervention, tant qu’on ne l’aura pas repéré exactement. Plusieurs chirurgiens ont indiqué des moyens différents destinés à éviter de le léser. Nous les rappellerons au chapitre opératoire. Bornons-nous à dire maintenant que si on en a la possibilité, et qu’on a posé avec certi-
tude un tel diagnostic, un examen urologique pré-opératoire
indiquera d’avance au chirurgien que l’uretère se trouve du côté de l’utérus, ou du côté de la paroi pelvienne. Après l’intervention, lorsqu'on aura noté des difficultés particulières au cours du décollement, des éraillures, ou une dénudation de l’uretère, il sera naturel d’étudier les suites opératoires à ce point de vue, et de revoir la malade à distance pour étudier tardivement la morphologie de son uretère, et si besoin la valeur de son fonctionnement rénal, sur les reins séparés.