‹ L'uretere retro-caveChapitre 12 sur 75 · TRE · texte numérisé non relu

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Pendant les vingt années suivantes, quarante-cinq cas vont être publiés. C'est dire que l’anomalie n'intéresse plus seulement les anatomistes et les embryologistes. Rapidement les chirurgiens vont se familiariser avec elle, en particulier les urologues.

KimBrouGH, en 1935, intervenant chez un malade porteur d'une hydronéphrose et d’une ptose, découvre que l'uretère droit passe en arrière de la veine cave. C'est la première fois que l'’anomalie est vue sur le vivant. Il fait une néphropexie, une sympathectomie péri-rénale. Six mois plus tard, son malade continuant à souffrir, il réintervient : section de l’uretère, dégagement de derrière la veine cave, anastomose en position normale. L'urétéroplastie est suivie de succès. Ce traitement audacieux, à une période où l'on ne disposait pas d’anesthésies aussi perfectionnées qu'à l'heure actuelle, où l'on ne connaissait pas les antibiotiques urinaires, suscite l'intérêt des urologues. L'élan est donné, et du domaine du laboratoire, l'affection va passer dans celui de la clinique.

RoTTER, la même année, rapporte encore deux cas observés chez le cadavre, s'accompagnant d'anomalies des veines rétro-péritonéales. RANDALL et CAMPBELL, dans une excellente publication. ajoutent aux treize cas déjà publiés, deux cas personnels soigneusement étudiés. Les lésions qu'ils constatent à l'intervention les obligent dans leurs deux cas à faire deux néphrectomies ; leur étude est objective et ne se borne pas aux deux cas dont le traitement a été, par force, mutilant. Elle sera fructueuse puisque, pour la première fois dans ce domaine, leur publication fait état d’un signe clinique nouveau « hautement suggestif » : la sonde urétérale sur des clichés obliques vient presque toucher le rachis au lieu d'en rester séparée.

En 1936 DerBes et DiaL décrivent deux cas trouvés au cours de dissections. Le même année, UEBELHÔR publie un cas découvert à l'intervention, traité avec succès par plastie sur sonde. DERBEs et LA Nasa, en 1937, rapportent un cas ayant nécessité la néphrectomie ; SHIH rapporte un cas semblable ;: WREN un cas, ADACHI deux cas trouvés à la dissection.

Le vingt-quatrième cas est décrit par May en 1938, qui rapporte le troisième cas d'urétéroplastie tentée et réussie. PALAZZI, RACHED, SANCHEZ et RINCON décrivent en 1939 un cas associé à une origine pré-artérielle de la veine cave inférieure et pensent

être les premiers à avoir observé une anomalie aussi curieuse. Pourtant vingt-quatre auteurs les ont précédé. |

À l'occasion d'un cas trouvé accidentellement au cours de l'autopsie d'une femme de soixante-douze ans morte de pneumonie, ANTOPOL et YELIN font la même année une revue très complète de la littérature et une mise au point embryologique. Ils soulignent l'intérêt chirurgical que présente l'anomalie, du fait de la fréquence de l’hydronéphrose qui l'accompagne.

L'année suivante, en 1940, Pick et ANSON rapportent un cas

découvert au cours d’une dissection. Ils s'attachent plus particu-

lièrement aux caractères cliniques qui font l'intérêt de l'affection. La cause de l'obstruction, les manifestations cliniques retiennent leur attention, mais surtout les données radiologiques : type particulier de l'hydronéphrose, déformation: falciforme du 1/3 supérieur de l’uretère lombaire. HArBACH, en 1940, décrit le vingthuitième cas : diagnostic opératoire, destruction rénale nécessitant une néphrectomie.

Depuis le cas de HOCHSTETTER quarante-sept années ont passé, vingt-huit cas ont été décrits; jamais le diagnostic n'a été fait avant l'intervention. Dans les douze années à venir, vingt-sept cas nouveaux seront décrits ; dix-huit fois le diagnostic sera fait avant l'intervention.

C'est à HarkiLz, en 1940, que revient le mérite du premier diagnostic pré-opératoire au moyen d'une urétéro-pyélographie rétrograde stéréoscopique. Il tente une plastie et la réussit.

En 1941, DE CARLO rapporte un’ cas rencontré à l'autopsie ; GRUENWALD et Surks de même en 1943. Wicson et HERZLCH, en 1944, publient le trente-deuxième cas (néphrectomie). GREENE

et KEARNS, en 1946, sont les deuxièmes à faire le diagnostic pré-

opératoire, les cinquièmes à tenter et réussir une plastie.

Pendant ces six dernières années, vingt-ceux autres cas seront publiés. Dans presque tous les cas le diagnostic aura été fait avant l'intervention. Mais leur date de publication variera beaucoup suivant le délai post-opératoire.observé par les auteurs. Nous donnons ici une liste des cas classés suivant la date où le dia-

‘gnostic clinique a été porté, en méntionnant la date de la publi-

cation et son rang.

PAS is

Publication Rang

Diagnostic °

1. Harrizz 1940 (2) 1940 29° 2. GREENE et KEARNS 1944 1946 33 3. CREEVY Mai 1944 1948 40°

4. Goyanna, Cook et CounNSELLER 1946 1946 34°, 5. Durr Juin 1946 1950 47° 6. SHEARER Avril: 194765 1949 42° 7. CorBus Juin 1947 1948 41° 8. LicH et GRANT. 1948. 1948 38° 9. ANDERSON et HYNES Mars 1948 1949 43° 10. OLsoN et ÂAUSTEN Août 1948 1950 48° 11. ScHwarTz et ÎREY Août 1948 1949 44° 12. BEARD et GOODYEAR Août 1948 1950 ° 46° 13. LyTEr et MEYER 494977 1949 45?

14. SaBaTiNt et WESSLER 1950 1950 49e 15. HEsn et Mamonas Septembre 1948° 1950 53° 16. À. Durour : Novembre 1948 1952 55e.

LISTE DES CAS PUBLIÉS DEPUIS 1946 ET OU LE DIAGNOSTIC N’A PAS ÉTÉ FAIT : .

LowsLEy. 1946 35° Nourse et Moopy 1946 36° YounxG 1947 27e ELHINNEY et Dorsey 1948 39°

SCHMIDT, HUEBERT et BEAZELL 1951 54°

Il faut noter, de plus, que HESLIN et MAMoNAs ont rapporté

en 1951 quatre cas : à

— le premier vu en mai 1940, diagnostic non fait;

— le deuxième vu en août 1940, le diagnostic aurait été fait mais le malade refusa l'intervention ; |

— Je troisième vu en juin 1940, le diagnostic aurait été fait et vérifié à l'opération; |

__ Je quatrième (seul mentionné sur la liste précédente) vu en octobre 1949 et vérifié à l'opération.

Nous rappelons que ces quatre cas n'ont été publiés qu'en

OT L'histoire de l'uretère rétro-cave est donc passée par trois périodes successives :

— La première ou période anatomique :

de 1893 à 1935;

en quarante-deux ans, dix cas publiés, tous observés postmortem.

Nombre de cas Publiée.

l'opération.

« Découverte d'autohste ou de dissection. °

Ânnees.

— La deuxième ou période anatomo-clinique :

de 1935 à 1940; en cinq ans, dix-sept cas publiés ; c'est la période où l'on s'efforce, par l'examen rétrospectif des documents cli-

M ee niques et surtout radiographiques, de réunir les éléments d'un diagnostic pré-opératoire.

— La troisième ou période clinique et thérapeutique : de 1940 jusqu à ce jour;

en douze ans, vingt-huit cas publiés ; grâce aux déforma-

tions caractéristiques de l'uretère, le diagnostic est porté dans la plus grande partie des cas.

À l'heure actuelle, le diagnostic d’uretère rétro-cave peut tou-

jours être porté ; il est devenu facile. À mesure que cette anomalie sera mieux connue, elle apparaîtra plus fréquente: car, si elle paraît exceptionnelle, c'est que le diagnostic n'en est, en général. pas fait. Les déformations du pyélogramme sont tellement caractéristiques que « lorsqu'on Fa vu une fois, on ne peut pas facilement l'oublier » (CREEVY).

Il n'est que de regarder la courbe des cas publiés en fonctions du temps, sur laquelle on a mentionné les cas où le diagnostic .avait été fait avant l'opération, pour comprendre l'intérêt

actuel de l'étude de l’uretère rétro-cave. En 1893, c'était une.

anomalie exceptionnelle ; en 1952, c'est une affection de mieux en mieux connue.

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